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L'exposition Le Rêve au musée Cantini de Marseille, une proposition ouverte et riche, mais bien trop sage

Dé-mesures

• 1 octobre 2018 •
L'exposition Le Rêve au musée Cantini de Marseille, une proposition ouverte et riche, mais bien trop sage - Zibeline

La particularité du rêve est qu’il peut revêtir autant d’acceptions que chacun ose lui en attribuer. D’une civilisation à une autre, d’un continent vers d’autres rives, selon que le regard est  anthropologique ou esthétique, scientifique ou mystique, qu’il soit vision ou mode de pensée. Christine Poullain et Guilhaume Theulière (retrouvez leur interview sur la WebTV-Zibeline), co-commissaires de l’exposition conçue avec l’apport de la Réunion des musées nationaux, ont circonscrit leur projet au domaine de l’art (nous sommes dans un musée d’art moderne), de Goya jusqu’à nos jours, en s’appuyant sur  les sept étapes du rêve. Sommeil, Nocturne, Rêve, Fantasme, Cauchemar, Hallucination et enfin Réveil scandent le parcours en suivant la progression des étages. La mise en espace plutôt classique ne fait pas franchement rêver, et ce fil rouge, malgré les grands titres, ne semble pas évident quand certaines œuvres apparaissent interchangeables. L’installation de Berdaguer et Péjus est étriquée dès l’entrée, le mobile de Tetsumi Kudo trop peu visible, et la grande salle, qui aurait accueilli idéalement une grande installation, manque de consistance. Cependant, outre le propos, à retrouver davantage développé dans le catalogue, l’atout majeur de l’exposition réside  dans la diversité des figurations et des médiums proposés, quand bien même primauté est donnée naturellement à la peinture et aux surréalistes (thème prégnant de la forêt, films…). Aux côtés de Magritte, Man Ray, Dali, Ernst, Oscar Dominguez, Tanguy, Brauner, Bellmer, Chagall, on revoit les Symbolistes, Odilon Redon, Léon Spilliaert, Degouve de Nuncques, et découvre un marseillais méconnu, Bernard Valère (1860-1936) pour ses eaux-fortes et gravures au soufre. Si les araignées de Louise Bourgeois et Germaine Richier se répondent, peu de femmes artistes, mais plus nombreuses dans les représentations des fantasmes masculins, dont se joue la photographe Michèle Sylvander. La Dream Machine hypnotique de Brion Gysin est à appréhender dans son contexte expérimental de la Beat Generation des années 60, et le Carillon de Pierre Huygue (1997) en rapport avec Dream, la symphonie de John Cage (1948). Et Philippe Ramette : plus saugrenu qu’onirique ? Le rêve, irréductible par nature à tout modèle, suggère une certaine dé-mesure tant on peut rêver de jour, en classe, devant un bon plat, à un avenir meilleur… ou dans un musée. La programmation événementielle associée est à suivre de près, pour tous les publics, avec des temps forts dont les éclairages de la psychanalyse, projections, performances, ateliers…

CLAUDE LORIN
Octobre 2016

Le Rêve
jusqu’au 22 janvier

Musée Cantini, Marseille
04 91 54 77 75
musee-cantini.marseille.fr
lereve.marseille.fr

Le Rêve-Cauchemar  vue partielle Musée Cantini Marseille 2016 © C. Lorin-Zibeline


Musée Cantini
19 rue Grignan
13006 Marseille
04 91 54 77 75
www.marseille.fr