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Image de ville au Gyptis, en conclusion

De Bangkok à Bruxelles

• 24 novembre 2017⇒26 novembre 2017 •
Image de ville au Gyptis, en conclusion - Zibeline

La dernière semaine de novembre, le Gyptis accueille le Festival Image de Ville, qui clôture sa 15e édition à Marseille, en passant par La Compagnie, lieu de Création (les 24, 25 novembre), le Musée d’Histoire de Marseille, Les Variétés, La Villa Méditerranée (le  25 novembre), Le MuCem et le Videodrome2 (le 26 novembre).

Au cinéma de la Belle de Mai, le 24 novembre, dès 19h30, direction l’Asie pour un voyage superbe, intense, bouleversant de plus de trois heures, à pied, en tuk- tuk, en péniche, de jour et de nuit, avec la projection en avant première de Bangkok Nites en présence de son réalisateur : Katsuya Tomita. Zibeline avait découvert le film aux Rencontres de Manosque 2017 : « C’est par un « Bangkok… shit ! » lancé par une jeune femme en GP à la fenêtre d’un luxueux appartement d’où l’on aperçoit les tours illuminées des multinationales de la capitale thaïlandaise que commence Bangkok Nites. La femme, c’est Luck (Subenja Pongkorn), « numéro 1 » d’un bordel de la rue Thaniya destiné à une clientèle japonaise, venue, dès ses 16 ans, de l’Isan pour subvenir aux besoins de sa nombreuse famille. Luck et ses collègues, professionnelles du sexe, leurs patrons, leurs rabatteurs, le cinéaste les a approchés durant 4 ans et leur a proposé de jouer leur propre rôle dans une démarche quasi documentaire. Il ne filme pas les scènes de sexe mais les moments où elles se vendent, leurs conversations; l’une d’entre elles confie que les clients ont mauvaise haleine ou bavent quand ils lui lèchent les seins. Parmi eux, il y a Ozawa, (interprété par le réalisateur lui- même), vétéran des Forces japonaises d’autodéfense, le seul dont Luck refuse l’argent. Elle en était tombée amoureuse cinq ans auparavant et le retrouve dans un bain de mousse ! Quand Ozawa doit partir en mission au Laos -repérage pour un hospice de luxe, paradis pour les vieux !- Luck l’accompagne et va le présenter à sa famille. Katsuya Tomita nous emmène alors, en de longs travellings dans cette campagne du Nord-est de la Thaïlande, proche de la frontière laotienne, le long du Mékong, sur les terres magiques du cinéma d’Apichatpong Weerasethakul. On y croise des fantômes nocturnes qu’Ozawa est le seul à voir, un homme énigmatique, des ombres fuyant dans la forêt. (…) Au Laos, Ozawa découvrira les cicatrices de la guerre, les cratères qu’ont creusés les bombes américaines devant lesquels des rappeurs… « (Annie Gava).
Retour en Europe le 26 novembre, à 14h30, et dans le temps, direction Bruxelles années 50 avec Le chantier des gosses de Jean Harlez (1956/70). Le cinéaste promène sa caméra bricolée dans le quartier populaire des Marolles, apprivoise les gosses des rues (les ketjes), s’en fait des complices pour réaliser un film considéré comme «le premier film belge inspiré du néoréalisme italien» qui, faute de moyens financiers, attendra 15 ans avant d’être sonorisé. On y suit la fronde des enfants contre entrepreneurs et architectes résolus à construire un lotissement sur « un » terrain vague, « leur » terrain vague, territoire de jeux et royaume ! Une «petite perle» de cinéma, un hymne à la liberté contre l’ordre imposé et une jolie conclusion pour un festival qui s’est choisi pour thème de ralliement cette année : «La ville nous appartient » !

ELISE PADOVANI
Novembre 2017

Photo : Film Bangkok Nites / Copyright Droits réservés


Cinéma Le Gyptis
136 rue Loubon
13003 Marseille
04 95 04 95 95
www.lafriche.org