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Le dessin sort de ses pratiques coutumières pour investir le Centre d'art contemporain d'Istres

Border lines

• 3 octobre 2016⇒16 décembre 2016 •
Le dessin sort de ses pratiques coutumières pour investir le Centre d'art contemporain d'Istres - Zibeline

Du noir et du blanc jubilatoires !

Sous l’intitulé Hors Bord, le CAC intercommunal d’Istres consacre sa saison 2016-2017 entièrement au dessin, un des volets majeurs hors Métropole de la Saison du Dessin/ Paréidolie, le Salon International du Dessin Contemporain à Marseille initié voici trois ans, avec un beau succès, par le Château de Servières (Zibeline 98 et 99).

Dessins singuliers

Catherine Soria, sa directrice artistique et pédagogique, a voulu promouvoir, comme souvent,  des pratiques hors norme. La majorité des propositions mettent en œuvre le dépassement des formats traditionnels ou usuels liés au dessin, telle la feuille de papier. Pour ce premier chapitre, les quatre artistes invités ont investi chacune des quatre salles du centre, pour une proposition originale in situ. Dommage que le cinquième espace, la cage d’escalier, n’ait pas fait l’objet d’un projet spécifique tant  la démarche incitait à sortir du cadre établi. « La thématique annuelle le dessin Hors-Bord nous conduit à considérer le dessin comme hors échelle, hors norme, hors papier, le dessin hors de lui […] se déploie dans l’espace » nous annonce-t-on dans le livret d’accompagnement. Ce que le visiteur vérifie dès le rez-de-chaussée investi par Corinne de Battista. Le geste graphique, si simple et commun à tous, s’éprend ici d’une volubilité visuelle communicative. Prolongeant de grands formats sur papier -des portraits doubles, chevelures sans visage préparés en atelier- s’échappent des linéaments au crayon graphite sur les murs et le sol. Venue de l’intention figurative, la répétition de hachures à l’échelle de la main puis du corps mène alors vers une occupation abstraite de l’espace réel. Le white cube immaculé s’augmente d’une matérialité cumulative, accrue des éventuelles traces rajoutées par les pas des visiteurs. Une manière de suppléer au vide des têtes sans visage ?

Le contraste est total avec la  salle suivante. Jérémie Dramard (à la Chapelle Sainte Sulpice à partir du 23 novembre) déploie ses talents d’illustrateur dans une mise en scène composite très bande dessinée, intégrant objets et mannequins, aux noirs et blancs les plus affirmés. Sous d’autres formes, l’outil graphique réserve de nouveaux enjeux. Clément Bagot troque le Rotring habituellement pratiqué à plat sur la planche à dessin, pour une expérience à la verticale. Suivant une approche  sociétale, Laurent Pernel questionne le territoire de la nouvelle Métropole. Ses 92 gravures originales correspondent à autant de communes qui la composent afin « de rendre physique l’abstraction qu’est cette Métropole pour beaucoup de personnes ».

On pourra prolonger cette première expérience par les workshops de création avec la complicité de  Nicolas Daubanes, Floryan Varennes et Luc Doerflinger qui bénéficiera d’une exposition monographique en 2017, et les ateliers destinés au jeune public.

Claude Lorin
Septembre 2016

L’espace du dessin / Le dessin dans l’espace
jusqu’au 16 décembre
Centre d’art contemporain intercommunal, Istres
04 42 55 17 10
ouestprovence.fr
pareidolie.net

Photo : Installation de Jérémie Dramard en cours de réalisation © J.C. Lett


Centre d’art contemporain intercommunal
2 rue Alphonse Daudet
13800 Istres
04 42 55 17 10
http://www.ouestprovence.fr/