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Le point sur ExtraPôle, plan d'aide à la production du spectacle vivant de la Région Paca

Produire des spectacles en région

Le point sur ExtraPôle, plan d'aide à la production du spectacle vivant de la Région Paca - Zibeline

Après la création du Pôle des Arts de la scène, destiné à mutualiser les moyens de coproductions et soutenir ainsi la création régionale, la Région-Provence-Alpes-Côte d’Azur a mis sur orbite en 2017 un plan d’aide à la production du spectacle vivant, ExtraPôle. Le Pôle et son Extra sont pilotés par La Friche Belle de mai. Zibeline fait le point sur ces dispositifs et sur les moyens de production des scènes de P.A.C.A.

Petit lexique de la production

Les contrats qui régissent les relations entre les artistes qui les créent et les salles qui les diffusent diffèrent : coréalisation, coproduction, production déléguée, contrat de cession, résidence… ces mentions que nous lisons sur les programmes de nos théâtres ne relèvent pas du même partage du risque, ni du même engagement. Les contours en sont flous et variables, et dépendent généralement des moyens des scènes qui les proposent.

  1. La production par les compagnies : la plupart des spectacles sont produits par les compagnies sur leurs moyens propres, parfois en coréalisation : l’établissement qui accueille prend en charge la communication et l’accompagnement technique, et partage avec la compagnie une partie des recettes. Plus couramment, les théâtres passent des contrats de cession, c’est-à-dire achètent les représentations, et payent les défraiements de transport et d’hébergement. Les contrats de cession peuvent être engagés avant la création du spectacle, et entrent alors, pour partie, dans le montage de la production.
  2. Les conventions de résidence : dispositif d’usage récent et souple, il permet aux théâtres d’aider les compagnies avant la création, en les faisant bénéficier d’un lieu de répétition et d’apports techniques. Le lieu n’a pas d’obligation de coproduire ou même de diffuser ensuite le spectacle élaboré durant la résidence, même si c’est en général le cas. Les résidences se concluent de plus en plus souvent par des sorties de résidence, qui permettent de présenter un premier état du travail de création. Les résidences peuvent avoir des durées et des conditions très variables, de quelques jours sans présentation publique, à plusieurs années pour les artistes associés qui bénéficient aussi d’aides à la production et/ou à la diffusion.
  3. La « fausse coproduction » : les compagnies s’occupent en général de la production de leurs créations et prennent seuls le risque financier : ils en sont les producteurs. Mais ils cherchent des financeurs dits « coproducteurs » qui viennent apporter une somme variable, entre 100 000 et 5000 euros, sans intéressement à l’exploitation des spectacles. La disparité des volumes de ces coproductions pousse souvent les compagnies à multiplier les coproducteurs pour parvenir à « boucler » leurs productions. Les coproducteurs, par ailleurs, s’engagent sur des options d’achat des représentations.
  4. La production déléguée : un groupe de producteurs se réunit pour produire un spectacle. L’un d’entre eux est désigné comme producteur délégué, c’est à dire qu’il s’occupe, pour la compagnie, de réunir les fonds, et de suivre la production puis la diffusion des représentations. Dans les « vraies coproductions »  les coproducteurs assument le risque financier et sont intéressés au bénéfice, ou doivent compléter les sommes prévues au prorata du contrat passé. Ces productions, en cours seulement dans les « grandes » maisons, peuvent si elles ont du succès permettre de générer des recettes propres. Elles entrent dans le cahier des charges des Centres dramatiques, et des Opéras nationaux, ainsi que dans ceux de certains  Centres chorégraphiques et Centres de création musicale nationaux.

C’est Extra !

Le dispositif régional ExtraPôle, qui s’adresse aux opérateurs culturels capables financièrement d’assumer une production déléguée, entame sa deuxième année de fonctionnement. Rencontre avec Florian Laurençon, directeur général adjoint des services en charge de la culture à la Région, qui l’a conçu

Zibeline : Pourquoi ce dispositif d’aide à la production ?

Florian Laurençon : Quand je suis arrivé dans ce territoire, à la DRAC d’abord puis à la Région, je me suis rendu compte que les opérateurs ne travaillaient pas ensemble, et que cela ne relevait pas de divergences esthétiques. À partir du Pôle des Arts de la scène (voir encadré 2), j’ai créé un outil pour faire en sorte qu’une mise d’argent public les incite à produire ensemble. La Région verse donc 300 000 euros par an à la Friche qui pilote l’ExtraPôle, et consomme cet argent en basculant un éventuel excédent sur l’année suivante. Nous avons édicté des règles strictes pour encadrer le dispositif : nous aidons au minimum 3 spectacles par an, à hauteur de 30% de leur coût, s’ils réunissent au moins 3 coproducteurs qui les diffusent au moins 3 fois chacun. Il s’agit de prendre en charge tout le processus de la production, depuis son élaboration jusqu’à la diffusion déléguée. Les trois coproducteurs doivent s’engager sur un minimum de 25 000 euros, et avec les 30% de la Région on est donc sur une base minimale de 120 000 euros par production.

Qui compose ce comité de production ?

Dès l’origine Paul Rondin du Festival d’Avignon, Dominique Bluzet des Théâtres (Gymnase, Jeu de Paume, Grand Théâtre de Provence et Bernardines ndlr), Macha Makeïeff et Irina Brook qui dirigent les deux centres dramatiques de la Région, Alain Arnaudet directeur de la Friche et Jan Goossens du Festival de Marseille, auxquels se sont adjoints récemment Daniel Benoin d’Anthéa (Antibes) ainsi que les codirecteurs du Théâtre Liberté, et désormais de Châteauvallon, Pascale Boeglin et Charles Berling (voir ci-dessous).

Photo : Alain Arnaudet, La Friche c Eric Raz

C’est donc un comité qui a vocation à évoluer ?

Oui, et nous allons désormais y inviter systématiquement un membre du réseau Traverses (voir ci-dessous), pour que nos travaux soient mieux compris par les théâtres de la région.

Vous avez le sentiment qu’ils sont incompris ?

En partie, cela peut être vu comme le fait de donner de l’argent à ceux qui en ont déjà, les « gros » contre les « petits », mais ce n’est pas le sens du dispositif.

Photo : Daniel Benoin, Anthéa, Antipolis c Philip Ducap

Pourquoi, par exemple, n’y-a-il pas dans ce comité les directeurs des scènes nationales en dehors de celle de Toulon ?

Ce n’est pas un classement d’importance, mais une mise en synergie. Il ne s’agit pas, comme avec le Pôle des Arts de la Scène, de réunir des coproducteurs pour soutenir la production de la région, anticiper sa diffusion, veiller à l’emploi culturel local. Il s’agit d’un dispositif « Extra » Pôle justement, de production déléguée. Les membres du réseau Traverses n’ont pas la capacité financière d’assumer une production déléguée, ou d’apporter un socle de 25 000 euros à une coproduction. Le but est de faire exister ces spectacles en les produisant correctement, ce qui fera baisser leurs coûts d’approche pour les scènes régionales qui pourront, ensuite, les programmer. Nous accompagnons à la diffusion, et donc nous veillons à ce que le coût du plateau, qui a beaucoup augmenté ces dernières années, reste raisonnable, pour que les spectacles puissent tourner dans la région. Et sur les 300 000 euros que la région apporte, 100 000 euros sont consacrés à la diffusion régionale, sur toutes ses scènes. Sans que ce soit un bureau d’aide à la diffusion, un autre dispositif régional existe pour cela.

Comment s’effectuent les choix des productions ?

C’est le comité de programmation qui décide, sans aucun conseil de ma part sinon économique, pour veiller à l’équité de la coproduction. Chacun arrive avec ses opportunités, discute, puis ensemble ils votent.

Photo : Dominique Bluzet, Les Théâtres © Caroline Doutre

Pas d’arbitrage de votre part ? Pas de critères ni de règles ?

Non, pas d’arbitrage, mais quelques règles bien sûr : il ne faut pas que les artistes du comité présentent leur propre production, on veille à ce qu’il n’y ait pas de troc entre opérateurs…

Pas de critères de multidisciplinarité, de parité, de compagnies régionales ?

Si ! Au moins une compagnie régionale par an, et une autre qui s’appuie sur l’emploi régional pour sa création. Pour la parité on n’y est pas… mais Macha Makeïeff veille très activement au rééquilibrage. Quant à la multidisciplinarité, oui, il s’agit des arts de la scène en général, c’est-à-dire de toutes les formes sauf l’opéra.

Pourquoi pas l’opéra ?

Parce qu’il est produit très différemment, et que nous sommes en train de mettre au point un dispositif de mise en synergie des opéras reposant sur les bases de leur fonctionnement.

Photo : Macha Makeïeff © Olivier Metzger

Les membres d’ExtraPôle sont donc ceux qui ont le pouvoir de faire fabriquer des spectacles. Ils font généralement partie aussi des comités d’experts qui décident des conventionnements, des subventions, à toutes les échelles, et participent à la conférence régionale. N’y a-t-il pas un risque à cette concentration de la décision artistique dans les mains de quelques-uns ?

Oui, le risque existe, mais on arrête le dispositif quand on veut… et pour l’instant on constate plutôt une grande ouverture. Même si on doit améliorer le repérage des compagnies régionales, sans que cela donne l’impression d’une ligue 1 internationale et d’une ligue 2 locale.

Pour l’instant les deux productions régionales concernent Ézéquiel Garcia-Romeu et le Centaure. N’est-ce pas un signe peu enthousiasmant pour les interprètes de la région, que la production de ces deux spectacles de marionnettes et de chevaux, dont le coût est essentiellement technique ?

En tous les cas cela ne dénote pas un désamour des acteurs ! Dans le spectacle de Garcia-Romeu il y a beaucoup de monde au plateau…

Photo : Irina Brook, Théâtre National de Nice © Gaëlle Simon

Êtes-vous pour l’heure satisfait de ce qui a été accompli ?

Le dispositif, qui est né en juillet, a déjà permis la production de Sopro, de Où sont les ogres ? et de Sanctuary, et celle d’Ézéquiel Garcia-Romeu. Où sont les ogres ? a peu tourné, Sanctuary, qui est allé à Hambourg et Athènes, n’est pas adaptable dans la région. Nous devons améliorer cela, y veiller davantage à l’heure du choix, pour fabriquer un répertoire qui puisse circuler au local comme à l’international, et mieux travailler la diffusion. Ainsi cette année Thomas Joly dans la Cour (avec Thyeste, voir encadré 5) prévoit une forme plus légère, adaptée. Et nous devons dialoguer avec le réseau Traverses, et écouter les remontées du réseau vers ExtraPôle. Ce dispositif est aussi fait pour eux.

Entretien réalisé par AGNÈS FRESCHEL
Mai 2018

Le Pôle des Arts de la scène

Composé de Liliane Schaus (Uzès danse), François Cervantes (metteur en scène), Sylvie Gerbault (3bisf), Emilie Robert (Théâtre Massalia) et Paul Rondin (Festival d’Avignon) le Pôle, créé en 2015, est présidé par Alain Arnaudet (La Friche), et Laetitia Padovani (La Friche) en assure le suivi opérationnel comme celui de l’ExtraPôle. Il dispose d’un budget de 260 000 euros annuels et coproduit les projets pour lesquels il est sollicité par au moins deux coproducteurs. L’apport du Pôle est fléché vers la masse salariale, et « une connexion avec le territoire est nécessaire ». Depuis 2015, le Pôle a aidé à la production de 58 spectacles, dont deux tiers de compagnies régionales, dans tous les arts de la scène.

L’ExtraPôle

Réunis pour une séance de travail, les membres du comité de programmation ont livré quelques impressions.

Zibeline : Comment s’est passé, pour vous, la naissance de l’ExtraPôle ?

Dominique Bluzet : MP2013 nous avait appris à travailler ensemble et, du moins sur son territoire, on avait pris l’habitude de se parler.

Paul Rodin : Nous nous sommes rapprochés aussi durant les conférences régionales, pendant l’entre-deux-tours des élections, avec la menace du Front national. Nous avons ressenti le besoin de bomber le torse et de nous serrer les coudes, d’appeler ensemble à préserver la liberté de création.

Macha Makeïeff : Oui, la nécessité politique était là, avec l’idée que la création artistique est une arme. C’est ce territoire qui nous lie à présent, nous sommes persuadés qu’il faut défendre concrètement la vie artistique, parce que les artistes peuvent lutter contre la tentation du repli, et nous ouvrir sur l’autre, sur la compréhension et l’empathie.

Jan Goossens : Nous avons ressenti que ce territoire avait besoin de grands projets de théâtre et de danse, pour parler de lui-même, pour regarder et accueillir le monde. Autour de cette table il n’y a pas que de grandes statures, mais tous nous avons de grandes ambitions pour lui. L’ExtraPôle a été la clef de notre rapprochement, et le résultat au niveau de la production et de la diffusion est déjà étonnant. Un catalogue émerge, et la conscience que la région est un territoire international de production.

Photo : Jan Goossens, Festival de Marseille © Danny Willems

Macha Makeïeff : Plus qu’un catalogue, je dirai un répertoire, cohérent et polymorphe. ExtraPôle est un outil pour un élan, qui existait, et qu’il a renforcé.

Cela a-t-il augmenté vos propres budgets de production, et à quel niveau de production êtes-vous ?

Jan Goossens : Le Festival de Marseille coproduisait peu jusque là. Cette année 30% de notre budget est consacré à la production, et chaque année nous aurons 1 ou 2 spectacles en production déléguée.

Alain Arnaudet : Nous avons défini 3 niveaux d’accompagnement à la Friche, qui est une coopérative  regroupant Massalia, les Bancs Publics, Zinc… Nous aidons en nature et en ingénierie ; depuis 2015 il y a le Pôle Arts de la scène qui est bien rodé et apprécié par les artistes de la région, qui en bénéficient en priorité. En dehors des budgets dédiés au Pôle et à l’ExtraPôle, la Friche consacre 320 000 € à la production.

Pascale Boeglin-Rodier : Le Théâtre Liberté a 1 ou 2 productions déléguées par an, et y consacre entre 200 000 et 300 000 €, selon qu’il en a 1 ou 2… Pour les coproductions, c’est entre 150 et 200 000 €.

Photo : Pascale Boeglin-Rodier scène nationale de Toulon et Châteauvallon -c- Vincent Berenger

Paul Rondin : Pour le Festival d’Avignon le volume global est de 400 000 € en production déléguée et 400 000€ en coproductions.

Macha Makeïeff : Entre 100 et 300 000 € de production pour la production principale, plus la production de l’artiste associé, qui est variable.

Irina Brook : À Nice également, une production principale entre 100 et 300 000 €, un artiste associé produit entre 100 et 150 000 €, et un accompagnement en coproduction entre 10 000 € et 20 000 € par projet.

Dominique Bluzet : 280 000 € en coproduction cette année.

Vincent Brochier (pour Daniel Benoin) : Les montants engagés cette année  par Anthéa sont de 300 000 € dans 5 productions et 125 000 € dans 6 coproductions.

Quelles évolutions vous semblent nécessaires pour ce dispositif ?

Macha Makeïeff : On n’a qu’une année d’existence, on expérimente, il faut qu’on apprenne à mieux faire tourner nos productions. Il y a un embouteillage de la diffusion, des problèmes de calendriers, il faut qu’on invente une circulation.

Photo : Paul Rondin Festival dAvignon -c- Christophe Raynaud de Lage

Dominique Bluzet : Il faut que l’on améliore notre relation avec les autres opérateurs du territoire, qui ont l’impression que l’on crée deux niveaux parmi nous. Il faut les associer aux choix, parce que s’ils n’ont pas toujours les moyens ils ne manquent pas d’expertise.

Entretien réalisé par AGNÈS FRESCHEL
Mai 2018

 

L’avis du réseau Traverses

Une trentaine de théâtres, de taille et de statuts très divers, a pris l’habitude de travailler ensemble à la diffusion. Sept d’entre eux nous parlent de leurs moyens de production, et de leur sentiment sur les dispositifs Pôle des arts de la scène, et ExtraPôle.

Pierrette Monticelli, Théâtre de la Joliette, Marseille

  1. Budget global 1 777 000€, dont 229 000 € pour la coproduction. Ne pratique pas la production déléguée
  • Choix des productions : Il se fait autour des auteurs contemporains, mis en scène par des compagnies de la région (8 sur 10) accompagnées en résidences longues (3 ans).
  • Pôle des arts de la scène: c’est un partenaire devenu indispensable, un véritable coproducteur. Sa présence a permis à un grand nombre de projets d’aboutir, dans un contexte de baisse générale des moyens de création.
  • ExtraPôle: les choix de production sont intéressants, mais le dispositif reste encore flou pour les autres opérateurs : nous voudrions participer au dispositif de diffusion des spectacles, y apporter notre souci des écritures contemporaines, des auteurs et du texte. Et veiller à produire davantage de femmes !

Émilie Robert, Théâtre Massalia, Marseille

  • Budget global: 1 100 000 €, dont 49 400 € pour la coproduction. Ne pratique pas la production déléguée.
  • Critères de choix des productions : Nous sommes une scène conventionnée Enfance et jeunesse, nous choisissons des artistes dont nous avons vu le travail, sur des projets qui nous semblent singuliers et pertinents. En favorisant les compagnies de la région.
  • Pôle des Arts de la scène: Je fais partie du comité artistique et technique du Pôle et suis assez fière de ce que nous réalisons et notamment des nombreux effets de levier qu’il a eu sur un grand nombre de productions. Mais je suis juge et partie…
  • ExtraPôle: Les premiers choix artistiques me paraissent bons. Mais consacrer 300 000 € aux opérateurs les plus importants après avoir augmenté les soutiens à certains et au moment d’annoncer une baisse des moyens pour la création pour d’autres me paraît tout à fait contestable.

Élodie Presle, Théâtre Durance, Château-Arnoux

  • Budget global: 1 150 000 € dont 150 000 € de production. Pas de production déléguée.
  • Critères de choix des productions : Nous rencontrons les artistes et équipes artistiques et travaillons avec des réseaux de coproduction (Tribu, Traverses, Tridanse). Nous choisissons par rapport au propos et à la forme, avec une attention particulière à la création régionale, à la musique et au jeune public…
  • ExtraPôle et Pôle des Arts de la scène :Il serait souhaitable que nous soyons plutôt consultés à ce sujet par la Région et l’ExtraPôle.

Francesca Poloniato, scène nationale du Merlan, Marseille

  • Budget global: 2 267 263 € dont 77 114 € pour la coproduction. Pas de production déléguée, mais un suivi de diffusion.
  • Choix des productions : nous coproduisons, sauf exception, les créations des 10 artistes associés (7 La Bande, 3 La Ruche), et 60% des coprods vont aux artistes régionaux. 6 artistes associés sont des femmes.
  • Pôle des Arts de la scène : Il permet de rassembler les coproducteurs autour d’un projet artistique au bénéfice de la production, et d’étudier la faisabilité en amont.
  • ExtraPôle: Pour l’instant, le dispositif n’est pas limpide. Mais les choix artistiques sont beaux ! L’accompagnement d’artistes m’importe énormément, j’aimerais vraiment y voir plus clair et y être impliquée.

Philippe Ariagno, La Passerelle, scène nationale de Gap

  • Budget global: 2 100 000 €, dont 115 000 € pour la production. Pratique la production déléguée
  • Critères de choix des productions: L’instinct, le goût, la viabilité du projet, la rencontre humaine, et la connaissance au préalable du travail de la compagnie (on a déjà vu le travail et on aime), avec une attention particulière aux projets régionaux.
  • Pôle des Arts de la scène: C’est très bien !
  • ExtraPôle : Il faudrait plus de clarté, et d’accueil : nous n’avons pas pu avoir de places pour voir Sopro l’an dernier ! Mais si des tarifs « régionaux » nous permettent de recevoir en tournée ces spectacles, c’est une bonne chose pour nous aussi.

Sylvie Gerbault, 3bif, Aix

  • Budget global: 450 000 € dont 100 000 € pour la coproduction. Pratique la production déléguée « de temps en temps ».
  • Critères de choix des productions: la pertinence artistique, la non reproduction des modèles existants, en accordant une attention particulière aux compagnies de la région.
  • Pôle des Arts de la scène: Je fais partie du comité du pôle et  je pense qu’il a atteint ses objectifs : une modification du mode d’investissement des directions de théâtre dans la coproduction  de spectacles.
  • ExtraPôle: Nous avons trop peu d’information sur ce dispositif.

Agnès Loudes, Théâtre Vitez, Aix

  • Budget global : 363 796 €, pas de budget de production, mais dégage 10 000 € en aides techniques.
  • Choix de la programmation : Nous sommes sur du préachat, et nos critères sont le propos, le texte, les sorties d’école, avec une priorité aux compagnies de la région.
  • Pôle des Arts de la scène : J’apprécie énormément ce dispositif dont le fonctionnement est transparent (fiches sur le site de la friche) et souple. Plusieurs sortes de partenaires peuvent être associés ou porteurs. Nous l’avons été pour la Criatura avec Le cas blanche neige où nous avons pu établir un budget sur 2 ans, avec de l’artistique et de l’action culturelle. Cela a permis à cette compagnie de trouver une nouvelle place professionnelle. C’est rare ! Cela permet de mesurer les coûts de production et son équilibre via la diffusion, à 2, avec la compagnie.
  • ExtraPôle : Il est évident que nous ne pouvons être associés à la production en amont vu notre surface financière ! Ces « gros »opérateurs ne sont pas des ennemis, ce sont des autres. Les spectacles produits sont de très bons spectacles.

 

Les productions de l’ExtraPôle

2017
Sanctuary de Brett Bailey, production déléguée Festival de Marseille, créé le 16 juin
Où sont les ogres ? de Pierre-Yves Chapalain, production déléguée Festival d’Avignon, créé le 6 juillet
Sopro de Tiago Rodrigues, production déléguée Festival d’Avignon, créé le 7 juillet

2018
Kirina de Serge Aimé Coulibaly, production déléguée Festival de Marseille, création le 29 juin
Thyeste de Sénèque, mise en scène Thomas Jolly, production déléguée Festival d’Avignon, création le 6 juillet
Centaures, quand nous étions enfants, de Fabrice Melquiot, par Camille&Manolo, production déléguée Les Théâtres (+ CDN de Nice) création octobre 2018
Le Petit théâtre du Bout du monde, opus II, d’Ézéquiel Garcia-Romeu, production déléguée CDN de Nice, création en octobre 2018
Épouse-moi de Christelle Harbonn, production déléguée La Criée (+ les Théâtres), création saison 2018/2019

Photo : Thyeste © La Piccola Familia