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Serge Noyelle et Marion Coutris évoquent le Nono nouveau, théâtre des quartiers sud à Marseille

Nono nouveau

Serge Noyelle et Marion Coutris évoquent le Nono nouveau, théâtre des quartiers sud à Marseille - Zibeline

Le théâtre des quartiers sud marseillais change de braquet, avec un nouveau lieu accueillant et boisé, une programmation multipliée, et un calendrier de tournée chargé !

Zibeline : Pourquoi ce nouveau théâtre ?

Serge Noyelle : Ce n’est pas un nouveau lieu, mais l’aboutissement d’une transition. Nous sommes arrivés ici avec un chapiteau, qui a vieilli. Lorsque nous nous sommes aperçus que nous pouvions avoir un permis de construire, on a imaginé un lieu en dur, mais dans le même esprit, la même couleur : en bois, renouvelable, chaleureux, très simple, presque cistercien.

Une vaste nef…

Marion Coutris : Oui, avec dans les travées des loges, a minima, des locaux techniques, et de la largeur et de la hauteur, pour la fonctionnalité. Il est entièrement modulable, on peut y faire du frontal, du bifrontal, du quadrifrontal, y inventer des parcours… et y recevoir les gens. Pas seulement le public, les gens.

Êtes-vous contents du résultat ?

MC : À l’heure actuelle (entretien réalisé en août ndlr) il n’est pas tout à fait terminé, mais déjà on s’y sent bien. En pleine canicule on n’y a pas chaud, l’air circule, sans besoin de climatisation…

Qu’est-ce que ce lieu va changer à votre activité ?

SN : Nous allons changer de braquet ! Nous n’avons pas l’argent pour faire une véritable programmation, mais beaucoup d’idées !

Parlons d’abord de cela… Quels sont donc vos moyens ?

SN : Nous avons eu les moyens de créer cette structure, les tutelles ont investi, mais pour le fonctionnement nous allons devoir faire avec ce que nous avions, à peu près. Depuis le départ de Guérini le Département est entré au fonctionnement de notre compagnie, et la Région a fait un gros effort, en fléchant son aide vers notre action internationale et l’école. La Ville continue à nous soutenir, et l’État, qui ne conventionne plus notre Compagnie, veut bien désormais soutenir le lieu. Mais dans l’ensemble il va falloir que l’on trouve des ressources, parce nous nous avons à peu près le même argent qu’avant, avec des missions en plus, financées en partie seulement.

Et que préparez-vous de neuf ? Vous parlez d’une école ?

SN : Oui, une nouvelle école internationale, le Cerisier. Nous en avions une à Paris, ici elle nous semble nécessaire à notre projet. Elle est prévue sur deux ans, axée sur l’international, le Sud mais aussi Saint-Pétersbourg, où nous travaillons. Elle est pluridisciplinaire, musicale, chorégraphique, menée par les comédiens et les artistes de la compagnie ou associés, Alain Aubin et William Petit, et enrichie de sessions et Master Class avec les artistes programmés.

Elle commence dès septembre ?

SN : Oui ! L’inauguration du nouveau théâtre a lieu le 22 septembre, et nous reprenons le Cabaret Nono du 5 au 14 octobre. Le Cerisier fera partie de la fête.

MC : C’est important pour nous, cette idée de rassembler les forces, de travailler avec des jeunes, des artistes de toutes les disciplines et de tous les horizons, de tous les ailleurs. Et les compagnies d’ici. En dehors des artistes associés notre saison propose des scènes ouvertes aux artistes marseillais, un temps fort autour de l’idée d’asile en décembre, les Rencontres Lily Pastré. Et aussi des Cafés musique, des Rencontres Sciences et art où il sera question de réinventer un futur vivable. Nous accueillerons les Festivals Tendance clown et Le Train bleu, la Noche Soléa, la Nuit de la Saint Patrick

Et vos propres créations ?

SN : C’est pour la compagnie une année importante, l’aboutissement de projets au long cours. Barokko, une grande forme réunissant de nombreux acteurs, chanteurs, musiciens, un véritable opéra, sera créé en avril. Avant cela il y aura aussi la création du Nègre des Lumières, d’Alain Aubin, qui a retrouvé des partitions et l’histoire incroyable de ce Chevalier noir, compositeur et bretteur au temps de Mozart…

MC : À présent que Marseille est vraiment devenu un point d’ancrage solide, nous pouvons davantage rayonner : nous allons aussi tourner en Bulgarie en 2019, aux Pays-Bas en 2018, nous avons des tournées prévues en Chine, en Allemagne, nous revenons de Sibérie… nous tissons des liens internationaux qui vont nous permettre, ici, d’ouvrir les portes. Aux étudiants, aux amateurs, aux publics, aux artistes.

SN : Oui, ouvrir à tous, parce que l’art est urgent. Parce qu’il faut chasser la peur, rêver, et réussir à changer le monde.

Entretien réalisé par AGNÈS FRESCHEL
Août 2017

Fête d’ouverture
22 septembre à 19h30

Cabaret Nono
5 au 14 octobre

Théâtre Nono, Marseille

Photo : -c- Théâtre Nono


Théâtre Nono
35 Traverse de Carthage
13008 Marseille
04 91 75 64 59
www.theatre-nono.com