Entretien avec Aurélie Filippetti

Marseille, la culture et l’Etat

Entretien avec Aurélie Filippetti - Zibeline

Lors de l’inauguration du Camp des Milles le 10 septembre, Madame Filippetti, ministre de la Culture, naturellement présente sur ce lieu significatif, s’est prêtée à un jeu bref de questions. A propos de ce lieu de mémoire, et du plan d’urgence pour Marseille, auquel son ministère s’est rattaché sans qu’aucune mesure culturelle n’ait été annoncée.

Zibeline : Est-ce que les associations culturelles, sportives, sociales seront soutenues dans le cadre du plan d’urgence ministériel pour Marseille, laminées comme elles l’ont été ces dernières années, en particulier celles qui travaillaient en direction des publics défavorisés ?

Aurélie Filippetti : Le paysage actuel de Marseille est sombre.  La culture est une chance pour ces publics, et la vitalité du réseau culturel est essentielle. L’État s’est engagé, il reste partie prenante du MuCEM quand d’autres chantiers entrepris ailleurs sont remis en cause. Nous nous engageons aussi pour Marseille Provence 2013, et je vais veiller en particulier à ce que ce qui est institué au cours de l’année 2013 se pérennise. Mais dans tous les quartiers, le réseau associatif doit être présent, il est indispensable à la structuration de la ville. Les associations culturelles seront particulièrement préservées. C’est la volonté de mon ministère.

Financièrement, seront-elles concrètement encouragées ?

Cette année, il est impossible d’augmenter quelque poste que ce soit, ce budget n’est pas le nôtre, mais celui de nos prédécesseurs. Mais toutes les subventions et aides existantes seront maintenues, celles qui ont été supprimées brutalement seront réétudiées. Ce sont les équilibres qu’il faut revoir, ce qui est possible sans augmenter le budget  global.

Votre présence aux côtés du Premier Ministre, à Marseille puis dans ce lieu a-t-elle un sens particulier ?

Certainement. Il s’agit d’un lieu essentiel de culture, d’éducation, de transmission pour la jeunesse. On peut toujours s’opposer, on peut toujours résister.

Entretien réalisé par MARYVONNE COLOMBANI
Septembre 2012

 

Voir aussi l’article consacré à l’inauguration du Camp des Milles.