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Sept écoles d'art de PACA et Monaco s'unissent en réseau

Les Écoles d’art mettent en orbite leur Réseau

• 21 novembre 2014, 29 novembre 2014 •
Sept écoles d'art de PACA et Monaco s'unissent en réseau - Zibeline

Le 29 novembre à la Villa Méditerranée à Marseille, pour la première fois, les 7 écoles supérieures d’art de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Monaco se réuniront à l’occasion d’une journée «portes ouvertes» destinée aux étudiants, aux professionnels, aux entreprises et au public.

Débats, tables rondes, échanges avec les présidents et les directeurs… les écoles supérieures d’art font une démonstration de force. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ces établissements publics d’enseignement et de recherche sera débattu : missions, programmes de recherche diplômant, rapports avec les autres établissements publics d’enseignement, contextualisation à l’échelle locale, nationale et internationale, genèse du Réseau des Écoles supérieures d’art de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Monaco, actions futures et enjeux. À cette photographie panoramique succèderont des focus qui permettront à chaque école de mettre en avant atouts et spécificités, comme l’unité de recherche Bricologie à Nice, le parcours de formation innovante Écriture et image à Arles ou encore Agora, préfiguration de la dimension internationale de la plateforme numérique et du Fablab Load à Marseille. Le tout agrémenté d’un forum Découverte des programmes pédagogiques, des conditions d’admission et des débouchés professionnels destiné aux futurs étudiants.

Une prise de conscience collective

Les écoles d’art ont donc décidé de réagir face à la baisse de leurs subventions et à leur manque de visibilité dans le Sud où elles sont implantées ! D’abord en s’unissant, en juin dernier, au sein du Réseau des Écoles supérieures d’art de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Monaco ; ensuite en signant une convention annuelle avec le Pôle Industries Culturelles et Patrimoines d’Arles1 chargé de fédérer, conseiller et accompagner leurs projets. Car si toutes sont membres du réseau national ANdÉA2, difficile cependant de rayonner sur le territoire et en France… Ainsi est né ce regroupement piloté par Magdaléna Lataillade, responsable du Réseau au sein du Pôle Industries Culturelles et Patrimoines : «L’idée fondatrice est économique car les écoles ont eu conscience des modifications à venir de la Région suite au désengagement progressif de l’État. Il leur faut dès aujourd’hui trouver des solutions pour continuer à exister : mutualiser certains moyens, structurer le réseau du point de vue juridique, trouver des partenariats privés, se doter d’outils prospectifs comme la création d’un observatoire de l’insertion professionnelle, harmoniser les dates de concours et les offres de formations continues par exemple. Ou encore mettre en place un bureau des affaires internationales pour tisser des liens avec d’autres structures. Cela peut se concrétiser par des bourses, des résidences, des projets communs». Depuis près d’un an, chaque école a appris à connaître l’autre, à croiser différences et atouts communs : «chacune a dû faire le point sur son propre fonctionnement avant de pouvoir jouer collectif sans être en concurrence». Un processus de concertation qui aboutit à la journée L’École de l’art, prélude à d’autres actions communes, à condition de trouver les financements…

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Novembre 2014

Programme détaillé sur www.industries-culturelles-patrimoines.fr

1Association créée en février 2007, labellisée PRIDES par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur de 2007 à 2013.

2Association nationale des directeurs d’écoles supérieures d’art créée en 1995, devenue en 2012 l’ANdÉA, Association nationale des écoles supérieures d’art publiques. Elle fédère la totalité des 46 écoles supérieures d’art publiques en France.

Une histoire d’hommes

Rémy Fenzy, directeur de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles :

«L’école est sur un redéploiement architectural et pédagogique. C’est précisément dans ce cadre qu’il nous paraît fondamental de pouvoir nous organiser avec nos semblables, d’où cette envie de collaborer, de créer des ateliers particuliers et spécifiques selon chaque stratégie d’établissement en région. Par exemple, la scénographie à Monaco, ou plutôt les scénographies car elles touchent les expositions comme le théâtre ; à Toulon, c’est le design et le design d’espace en particulier ; s’agissant d’Aix, il s’agit de la robotique, et à Marseille du design et des pratiques artistiques multiples. À Arles, nous avons un projet, la photographie. C’est à la fois très simple et très compliqué car nous sommes les seuls en France ! En fait, pour nous enrichir du savoir faire des autres, il faut absolument engager des collaborations dans le cadre du Réseau. Par le passé il existait L’Age d’or aux objectifs et à la finalité moins clairs qu’aujourd’hui : si on crée un dispositif comme celui-ci, c’est au bénéfice des étudiants. Il faut que ceux qui sortent de Arles puissent goûter à d’autres pratiques artistiques qui supposeraient une application photographique et, inversement, que des étudiants sortant d’autres établissements puissent goûter à la photographie. À notre échelle, ce type d’engagement est fondamental, d’autant que la région Paca est celle qui imbrique le plus d’écoles d’art.

Arles part pour être la cheville ouvrière, car c’est précisément parce qu’il y a ce sentiment de solitude que l’on a besoin, vitalement, de partenaires engagés dans l’enseignement de l’art. Et les partenaires les plus proches sont nos complices, nos amis. C’est une histoire d’hommes. On veut faire connaître à tous les acteurs, privés et entreprises compris, combien les écoles d’art sont précieuses pour le territoire».

S’unir pour résister

Jean Mangion, directeur de l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée

«Le Réseau n’est qu’un début. J’ai déjà lancé la Conférence des structures d’enseignement artistique et culturel de la région Paca. Ces deux réseaux se sont montés parallèlement, mais le premier est limité aux écoles d’art alors que la réalité du paysage, au regard de nos partenaires financiers que sont l’État, la Région, éventuellement le Département, prend en compte l’ensemble des structures qui font de l’enseignement artistique et culturel. C’est l’École nationale de danse, Rosella Hightower, l’ERAC, etc. J’ai pris la présidence de la Conférence régionale et j’espère que le Réseau s’y associera car la force de nos structures c’est de se regrouper ! Je vois mal comment il ne peut pas évoluer vers une entité plus vaste, comme il en existe dans plusieurs grandes régions françaises. Mon souhait est de nous unir pour peser face à nos interlocuteurs régionaux, départementaux et même locaux, identiques pour les structures d’enseignement en arts visuels, en théâtre, en danse ou en musique. Nous avons tous les mêmes problématiques et les mêmes sources financières. Face à l’État et à nos partenaires financiers, il faut que ces deux réseaux se jumellent, autrement nous serons faibles. C’est mon espoir et mon sentiment : cela ne peut pas s’arrêter là, il en va de notre avenir. Comme dans toute guerre, si vous êtes dispersés vous êtes moins forts que lorsque vous êtes unis. Il faut que nous allions plus loin».

La nouvelle publication de l’ESADMM, Muet, premier cahier de dessins d’une collection, sera présentée le 21 novembre au FRAC.

1 réseau, 7 écoles

Villa Arson – École nationale supérieure d’art de Nice / ENSAN (seul établissement intégré à un centre d’art)

École nationale supérieure de la photographie d’Arles / ENSP

École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée / ESADMM

École supérieure d’art d’Aix-en-Provence / (ESA Aix)

École supérieure d’art et de design Toulon Provence Méditerranée / ESADTPM

École supérieure d’art d’Avignon / ESA Avignon

Pavillon Bosio, Art et scénographie, École supérieure d’arts plastiques de la Ville de Monaco /ESAP

Photo : Atelier-peinture-©-Villa-Arson