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Droit de réponse du Théâtre Liberté, scène nationale de Toulon

La libre réponse du Liberté

Droit de réponse du Théâtre Liberté, scène nationale de Toulon - Zibeline

Suite à l’article intitulé Châteauvallon perd la boussole paru dans le numéro 114 et sur notre site de presse, le Liberté, scène nationale de Toulon, a souhaité apporter quelques précisions, auxquelles nous répondons à notre tour.

Si les auteurs de l’article soulignent la qualité des propositions du Liberté, son rôle moteur sur le territoire, l’article véhicule des inexactitudes qui peuvent porter à des interprétations biaisées.

« Pourquoi Christian Tamet renonce-t-il ? Nathalie Anton a, comme prévu, pris la direction de l’ARCADE depuis le 2 janvier, mais pourquoi le directeur part-il et qui va le remplacer ? »

Le public peut se poser légitimement la question du départ des directeurs, mais il est étonnant qu’un journal bien informé comme le vôtre ne connaisse pas les causes de ces départs. Nous pouvons comprendre que vous exerciez un droit de réserve sur cette question mais en aucun cas que vos propos insinuent qu’il pourrait exister d’autres raisons plus obscures…

Nous n’avançons pas de réponses sans les avoir vérifiées, d’où ce questionnement, qui n’insinue aucune raison obscure liée au Théâtre Liberté, mais suppose plutôt des problèmes internes à Châteauvallon.

« Le Théâtre Liberté construit pour les frères Berling »

Non, le projet de théâtre était pré-existant à la nomination de l’équipe de direction. La délibération du Conseil Municipal permettant à la Ville d’acquérir l’ancien cinéma Gaumont Pathé pour en faire un théâtre date de… février 2003 ! Charles et Philippe Berling, rejoints par Pascale Boeglin-Rodier, ont été nommés directeurs en avril 2010. Depuis 2015, le théâtre est codirigé par Charles Berling et Pascale Boeglin-Rodier. Précisons en outre que l’outil de travail et les moyens de production du Liberté sont très largement partagés avec de nombreux artistes puisque Charles Berling met en scène en moyenne moins d’une production par an au Liberté.

Si le projet était plus ancien, la construction s’est concrétisée autour de l’implication de Charles et Philippe Berling, ainsi que de Pascale Boeglin-Rodier. Nous ne cessons d’ailleurs de nous réjouir de l’existence du Liberté, qui est largement due à leur projet.

« Châteauvallon sur sa colline tient son rôle, bien différent du théâtre Liberté. Celui qui lui a valu, dès 1988, un label national  que le Liberté n’a obtenu qu’en s’alliant à lui. »

Le Liberté remplissait seul tous les critères pour répondre au cahier des charges d’une scène nationale, mais le Ministère de la Culture a souhaité que le label soit partagé entre les deux structures afin de porter un projet de territoire ambitieux.

Le label national existait déjà pour Châteauvallon, Centre National, et effectivement l’État, qui décerne les labels nationaux, a souhaité qu’il soit partagé : concrètement, c’est lorsque le Liberté s’est allié au Châteauvallon qu’il a eu son label national. Qu’il méritait effectivement amplement !

« Un public varois peu gâté en terme d’offre théâtrale »

Les structures culturelles varoises telles que le Pôle Jeune Public au Revest-les-Eaux, l’Espace des Arts du Pradet, le Théâtre Marélios à la Valette, le Théâtre du Rocher à La Garde, Le théâtre Colbert et le Comoedia à Toulon, le Théâtre Galli à Sanary, l’Opéra de Toulon, le Théâtre Denis à Hyères, La Croisée des Arts à Saint Maximin et bien d’autres apprécieront.

Il s’agissait bien évidemment de noter qu’avant l’arrivée du Liberté, le public varois manquait d’offre théâtrale en termes quantitatifs, non qualitatifs…

« le Théâtre Liberté produit de moins en moins les compagnies locales »

Depuis l’ouverture du Liberté en 2011, le Liberté a travaillé avec plus de quarante compagnies régionales : celles-ci sont à la fois programmées dans nos saisons artistiques, accueillies en résidence, coproduites parfois de façon très majoritaire par le Liberté, accompagnées dans leur développement, sollicitées pour des ateliers de pratique artistique et des rencontres avec le public du Liberté…

Les bilans d’activité du Liberté montrent une montée en puissance de notre travail avec les compagnies régionales sur les trois dernières années : Kubilaï Khan investigations, la Compagnie Barre Philips, Ridz Compagnie, la Compagnie de l’Echo, la Compagnie Le Bruit des Hommes, MAALMA Association, Les Bijoux indiscrets, Les Voix Animées, Le GOM, la Compagnie Azeïn, la Compagnie Kerman, l’Autre Compagnie, la Compagnie Cornucopiae, Compagnie de l’étreinte, Kokerboom – Désiré Davids, Compagnie Artefact sont quelques-unes des compagnies varoises avec lesquelles nous avons travaillé, dans les deux dernières années. Et c’est sans compter les compagnies des autres départements de la Région PACA telles que la Compagnie Kadidi – Dorothée Munyaneza, la Compagnie Lanicolacheur, la Compagnie Fragments, 7e ciel, le collectif Manifeste Rien…

En 2017/18, la programmation du Liberté compte 10 spectacles réalisés par des compagnies varoises ou régionales, 21 représentations (soit +22% par rapport à la saison précédente), 4 coproductions, 9 résidences, dont 6 compagnies varoises, pour près de 60 jours de répétition. À ces données, s’ajoute la programmation des compagnies sur les évènements Thema (avec la Nuit Liberté, Mardi Liberté), le festival Hors les Murs, les Journées du patrimoine, la Nuit de la lecture. Donc non, le Liberté ne produit pas de moins en moins de compagnies locales, au contraire, il assume pleinement son rôle de scène nationale très impliquée dans le développement du territoire.

Le Liberté depuis sa création programme de nombreuses compagnies varoises et régionales, et nous n’avons eu de cesse de le saluer, et de relayer leurs créations. Mais il nous semble pourtant que les productions et coproductions du Liberté, qui vont en augmentant en nombre et nous nous en réjouissons, s’orientent proportionnellement moins vers les compagnies locales, soutenues par ailleurs par des accueils en résidence et des programmations nombreuses. Notre formulation était cependant maladroite et pouvait laisser croire que le Liberté se désintéresse de la création régionale, ce qui n’est absolument pas le cas.

PASCALE BOEGLIN-RODIER et CHARLES BERLING pour le Théâtre Liberté

MARIE GODFRIN GUIDICELLI, pour Zibeline 114

AGNÈS FRESCHEL, pour Zibeline 115