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Que ferons-nous au temps chaud ?

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Notre été de festivals, de repos et de plage, de lecture et d’apéro au soleil, d’expositions et de promenades vespérales, notre saison espérée s’annonce, au terme d’une séquence électorale qui a bouleversé notre ordre politique. Notre nouveau Président veut, à tout venant, gouverner par ordonnances, et sa majorité parlementaire va lui en donner le droit. À moins d’un sursaut législatif improbable, notre Code du travail sera en morceaux lorsque la bise reviendra.

Devrons-nous crier famine ? Hurler que les travailleurs ont besoin d’un Code du travail protecteur ? Que les licenciements abusifs doivent être décemment indemnisés ? Que nous ne pouvons pas travailler jusqu’à 70 ans en entretenant nos enfants qui n’ont pas accès à l’emploi, et nos parents dont la dépendance n’est pas financée ? Que nous avons besoin de nourriture plus saine, d’un air qui ne nous asphyxie pas ? Ne voient-ils pas les files devant les soupes populaires, les hébergements d’urgence, les discounts aux produits périmés, ne voient-ils pas que le désespoir social augmente ? Savent-ils, ces politiques qui veulent nous gouverner par ordonnances, que le désespoir du peuple entraîne le fascisme, ou la révolution ?

Le vote Front national n’a jamais été aussi haut. Alors que le refus de la loi travail est massif, que la politique libérale menée par la présidence socialiste a été vigoureusement sanctionnée par les urnes, le Gouvernement s’apprête à soumettre les intérêts des citoyens à la loi capitaliste du profit de quelques-uns. Et au lieu de s’unir pour lutter contre ce qui advient, la Gauche, plus irresponsable que jamais, multiplie les investitures et les étiquettes, et prépare sa déroute.

L’été sera chaud. Les Festivals 2017, très politiques et internationaux, parlent de migration, d’altérité, mais peu de pauvreté et de chômage. Ont-ils conscience du réel ? Si rien n’advient, le 20 septembre, après la trêve estivale et la rentrée peu propices aux mouvements sociaux, un nouveau Code du travail sera adopté. Son joug pèsera lourd sur tous les travailleurs, tous les chômeurs, les retraités, les fonctionnaires. Et sur l’avenir de nos enfants.

Certains étés les artistes se sont levés pour défendre leurs droits. Cet été, au temps chaud, faudra-t-il déchanter ? Ou demain, pauvres cigales, danser de désespoir devant des frigos épuisés ?

AGNÈS FRESCHEL
Juin 2017