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La culture, un thème électoral ?

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Les élections approchent, les candidats discourent et les programmes se précisent, les révélations se succèdent, et certains masques tombent. Fillon, droit dans ses bottes et père la vertu, est dans la tourmente, le Front national tente de camoufler ses divisions, Macron n’a toujours pas l’ombre d’un programme, et aucun d’eux ne parle de la société dans laquelle nous aspirons à vivre. Seulement de ce qu’il faut couper, casser, admettre.

La France, faut-il le rappeler, est un pays libre, et riche, où il devrait faire bon vivre. À quel titre devrait-on renoncer au progrès ? À gauche le thème est de retour, comme une urgence soudain retrouvée, la possibilité d’un avenir… Notre futur écologique et culturel enfin s’évoquent, et le ciel semble pouvoir s’éclaircir : il est question de construire la société de demain, et non plus d’agiter les terreurs et les renoncements sécuritaires et identitaires. Benoît Hamon comme Jean-Luc Mélenchon veulent augmenter massivement le budget du ministère de la Culture, veiller à sa démocratisation, s’occuper de la rémunération des auteurs et des artistes, introduire un solide enseignement artistique à l’école…

Déclarations d’intention qui n’engagent à rien ? Même au plus fort des promesses intenues de 2012, la culture n’était pas un thème de campagne. On se souvient, par la suite, de Manuel Valls regrettant la baisse de son financement par l’État. Filippetti en avait démissionné, et Macron l’avait rétabli : c’est que tailler dans les budgets culturels n’est pas sans impact électoral…

Le thème revient donc sur le devant de la scène : l’occasion pour les professionnels de la culture de rappeler leurs besoins. L’occasion pour chacun de lutter contre la disparition des moyens publics, la marchandisation des productions, la raréfaction de l’offre, la difficulté des pratiques. Il reste quelques mois pour se faire entendre, sinon écouter !

AGNÈS FRESCHEL