Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

Une 12e Zone Artistique Temporaire mitigée à Montpellier

Une ZAT tout Prés d’Arènes

Une 12e Zone Artistique Temporaire mitigée à Montpellier - Zibeline

La 12e Zone Artistique Temporaire a été mitigée. Un jour de pluie, un jour de franc beau temps. Un jour les tables prévues autour des food trucks (toujours plus nombreux d’une édition à l’autre) tristement recouvertes de film plastique, l’autre débordant de familles en goguette. Des propositions étonnantes et fortes, d’autres qu’on a l’impression de voir à chaque épisode des ZAT montpelliéraines (les conteurs, les acrobates, les artistes échappés dans l’espace public, cette année moins percutants que d’autres fois). Toujours, et tant mieux, la volonté d’intégrer les habitants du quartier (Prés d’Arènes), cette année peut-être encore plus partie prenante des spectacles.

Retenons, parce que la rencontre fut magnifique et courageuse, les Regards en biais de la Cie montpelliéraine La Hurlante. Rue des Abricotiers, Noël Folly surgit en courant et bondissant : « Venez ! Vite ! On va être en retard ! » Son regard est lumineux, il embarque tout le monde. Le voilà grimpé sur un lampadaire, il nous diffuse des enregistrements de vents d’ici et là. Et il a l’idée de les mélanger. Un mix de vents. Noël (Collin Hill) a un grain. Et il le crie à tous les vents. Une autre (Sarah Fréby) nous entraine dans son sillage, rue des Épicéas : elle va s’envoler, elle monte sur les épaules d’un spectateur, il faut courir, battre des bras, ça va marcher, c’est certain ! On croise un couple qui fête son anniversaire de mariage au bas d’un immeuble. Caroline Cano (texte et mise en scène) propose des verres de Pic Saint Loup, et raconte avec fougue que sa plus grande folie, c’est d’avoir épousé son mari qui toujours la surprend si fort. C’est tout une kyrielle de personnages qui se passent le flambeau d’une rue à l’autre, les trois comédiens donnent vie et droit de cité, au sens propre du terme, à tous les bizarres. Un jardinier récolte des bananes et des oranges poussées dans les haies. D’autres habitants, intégrés comme lui à la mise en scène, tissent et incarnent quelque chose que nous tous pouvons toucher du doigt. Il y a soudain une communion entre les spectateurs du haut, ceux restés dans leur tour, et ceux du bas : partout la folie sème ses graines, et nous sommes là pour cultiver leur poésie.

ANNA ZISMAN
Avril 2018

La ZAT s’est tenue à Montpellier les 14 et 15 avril.

Photo : Regards en biais © Marc Domage