L'éditeur Arnaud Bizalion donne la parole aux jeunes auteurs-photographes, à feuilleter au Rencontres d'Arles

Un millefeuille d’images

• 7 juillet 2014⇒13 juillet 2014 •
L'éditeur Arnaud Bizalion donne la parole aux jeunes auteurs-photographes, à feuilleter au Rencontres d'Arles - Zibeline

Après Photomed à Sanary et Images singulières à Perpignan, Arnaud Bizalion s’apprête à poser ses valises de livres à la Bourse du travail, au côté du Bec en l’air, pendant les Rencontres d’Arles1. C’est donc tambour battant qu’il promeut sa maison d’édition née en avril 2013, et en toute liberté car il est seul maître à bord : «Ce gain de mobilité favorise la rencontre et la découverte. Quand on est libre des contraintes diverses, on est plus perméable… on gagne en création.» Une liberté fraichement acquise puisque de 1990 à 2012, il participa à l’aventure de la célèbre maison d’édition marseillaise Images en manœuvre, aujourd’hui dissoute. Maîtrisant toutes les ficelles du métier d’éditeur d’art, d’architecture, de danse, de guides de voyages, il a jeté son dévolu sur la photographie contemporaine par «volonté de concentrer le faisceau et par connaissance de sa cible, le risque étant de ne pas remplir ses objectifs si on se disperse». Le résultat est tangible : le catalogue compte déjà onze titres et une collection de poche qui donne la parole aux jeunes photographes (Notes). Des auteurs vivants avec lesquels il noue des relations et dont il apprécie le travail plastique («ceux qui m’intéressent ont une pensée directrice forte, une envie de tripatouiller quelque chose»), tout en revendiquant l’essence de son rôle («il faut que l’auteur ait les capacités d’aller jusqu’au bout d’un projet éditorial. Je le conseille et l’accompagne mais je ne dois pas me substituer à lui»). Ainsi ont pris forme Waterfront avec André Mérian, New York avec Vincent Jendly, Arles avec Michel Bourguet, des auteurs découverts récemment ou côtoyés de longue date. Comme Bernard Plossu qui publiera en octobre prochain Mer, la canadienne Camille McOuat et son délicieux It was so beautiful I died tiré de séries conceptuelles repérées aux Comptoirs arlésiens de la photographie, galerie dont il partage «le regard, la pensée, la direction artistique cohérente et le choix de défendre une photographie de femmes». C’est cet état particulier de disponibilité à l’artiste et à l’œuvre qui lui permet d’accoucher simultanément de Les années Beauduc de Cécil Mathieu, Alger, climat de France de Stéphane Couturier, Pluie noire de Lucie Jean. Si possible en écho à une actualité brûlante ! Ça tombe bien, Stéphane Couturier exposera à l’Hôtel des arts à Toulon, Lucie Jean aux Comptoirs arlésiens de la photographie et Didier Ben Loulou, auteur de Marseille, est l’hôte de la Non-Maison à Aix jusqu’au 31 juillet. Didier Ben Loulou qui fait entendre les battements de la cité phocéenne dans ses photos carrées, encadrées d’un discret liseré blanc, aérées au fil de doubles pages grises : personnages pris sur le vif, routes défoncées, tissus chatoyants, tatouages des murs et des peaux…

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Juin 2014

1 du 7 au 13 juillet

Marseille
Photographies et texte Didier Ben Loulou
traduction anglaise Gila Walker
Arnaud Bizalion éditeur, 30 euros

Dans la collection Notes

Marseille
Didier Ben Loulou, 20 euros

It was so beautiful I died
Camille McOuat, 20 euros

Le Train jaune
Marc Corigliano, 15 euros

Arles
Textes Jean-Marie Rouquette et Jean-Marc Bernard
photographies Michel Bourguet, 15 €