Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

La Traviata à l’Opéra Confluence

Un excès d’héroïne…

La Traviata à l’Opéra Confluence - Zibeline

Qualifié malicieusement par Verdi de « meilleur opéra en tant qu’amateur », La Traviata est une drogue dure tant ses airs, plus inventifs et addictifs que jamais, se consomment sans modération jusqu’à satiété. Cette « usine à tubes », entrecoupée de chœurs magistraux, vous mène jusqu’au dénouement tragique de l’histoire sans heurts, par la qualité même de son écriture et de sa dramaturgie. L’ouvrage fonctionne presque seul, à la condition sine qua none que l’héroïne, ici Violetta, incarne le personnage et le sublime par une interprétation de haute volée. Et, à en croire l’ovation du public, le contrat fut rempli. Il est vrai que Maria Teresa Leva, forte d’une technique vocale irréprochable, d’une épaisseur quasi wagnérienne, à l’aise dans tous les registres de sa voix -des confins des bas-médiums jusqu’au lumineux contre-mi-, releva le défi allègrement. Il est vrai que les chœurs -sonores et incisifs-, l’orchestre -impeccable-, dirigé comme toujours de main de maître par Samuel Jean, participèrent de cette réussite. Il est vrai aussi que les costumes, véritable arc-en-ciel de couleurs, la mise en scène efficace de Stefano Mazzonis di Pralafera, firent que ce spectacle emporta l’adhésion collective. Oui, mais. Derrière cet apparat, où est la magie du théâtre ? Où est cette passion qui doit se lire sur le visage de Violetta quand elle rencontre Alfredo ? Et d’ailleurs, où était donc Alfredo ? Davide Giusti était pâle et sans corps, sans tonicité, transparent dans son rôle (ce n’était pourtant pas lui le phtisique !). Et la vraisemblance ? Violetta est une jeune fille pétillante qui progressivement décline, rongée par la maladie et le mal d’amour, non une héroïne qui se met en scène vocalement jusqu’au dernier la aigu ! Seul le père, remarquable Ernesto Petti, baryton magnifique, endossa à merveille la figure du bourgeois droit dans ses convictions. Un beau spectacle qui aurait sans doute mérité une distribution plus équilibrée et davantage de réalisme.

CHRISTOPHE FLOQUET
Juin 2018

La Traviata a été donné les 8 et 10 juin à l’Opéra Confluence, Avignon

Photographie : la Traviata, Opéra Confluence © Cedric Delestrade – ACM-Studio


Opéra-Théâtre du Grand Avignon
1 Rue Racine
84000 Avignon
04 90 82 81 40
http://www.operagrandavignon.fr