Vu par Zibeline

Le Festival Durance Luberon : un final pailleté de bonne humeur

This is a woman’s world !

Le Festival Durance Luberon : un final pailleté de bonne humeur - Zibeline

Quelle délicieuse manière de conclure! La vingtième édition du Festival Durance Luberon invitait dans le cadre idyllique du parc du Château d’Arnajon le Cathy Heiting Quartet. Il s’agissait du premier concert de cette toute nouvelle formation de la chanteuse qui, depuis Bizet était une femme ou Opéra Molotov, explore avec  humour les mondes variés du jazz, funk, groove, opéra. Acrobatique performance de cette artiste généreuse qui, la veille de son spectacle, chantait encore dans les chœurs des Carmina Burana (donnés à La Tour d’Aigues avec l’ensemble Ad Fontes Canticorum) ! Elle l’affirme au cours de la soirée, « je n’ai jamais voulu choisir ! » : lyrique ou jazz, facettes de son indéniable talent, sont réinterprétés avec bonheur, et on se laisse guider par cette personnalité hors du commun dans un répertoire qui se refuse toute limite. On commence en douceur après quelques délires anglicistes parachevés en un cocasse gromelot, avec l’air de Gershwin Someone who whatch over me…  Guitare virtuose et inspirée de Cyril Achard, inventive contrebasse de Sylvain Terminiello, swing enlevé de la batterie de Julien Heurtel… Les instrumentistes savent conjuguer leur brio à la fantaisie de l’artiste, et suivent par de superbes improvisations son parcours éclectique et facétieux. Bob Marley, avant d’être le dieu du reggae, se voit ainsi « ami du jazz », au style un peu manouche, et la « version originale » de I shot the sherif connaît un swing ébouriffant, tandis que le standard de Duke Ellington Caravan se « canta muy bien »  en une parodie hispanisante qui offre une partition étourdissante à la guitare ! La blue note s’immisce au cœur de Body and soul (1930, musique de Johnny Green)… Duende, blues… En hommage à Jean-François Héron,  la chanson de Bill Withers, Ain’t No Sunshine When he’s gone… On ne peut pas tout citer, la superbe réinterprétation d’I will survive, (« dénaturée dans les stades ! »), les passages flamboyants de scat, les vocalises, les appels au public, la complicité… This is a man’s world de James Brown en bis se révèle Manifeste féministe, et humain, car This a woman’s world aussi et la perfection se réalise avec le together… Un concert de Cathy Heiting, c’est toujours plus qu’un spectacle!

MARYVONNE COLOMBANI
Aout 2017

Concert donné le 27 août, le parc du château d’Arnajon, dans le cadre du Festival Durance Luberon.

Photographie © MC