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La fête est finie, un film intense porté par deux actrices remarquables !

Sihem et Céleste

• 24 février 2018, 28 février 2018 •
La fête est finie, un film intense porté par deux actrices remarquables ! - Zibeline

Si on sacrifiait à la facilité du trio lapidaire d’adjectifs écrits en gros et gras sur les affiches de promotion des films, on accolerait sans doute à La fête est finie de Marie Garel-Weiss, un ternaire :  «percutant, intense, bouleversant». Et, aussi réducteurs et passe-partout qu’ils soient, ces qualificatifs traduiraient bien la force émotionnelle de ce premier long métrage qui s’appuie partiellement sur une histoire personnelle.

Céleste a 19 ans et c’est elle qui ouvre le film. En proie au manque, fébrile, agressive, elle interpelle les passants pour avoir l’argent de sa dope. La caméra à l’épaule s’accroche à elle dans cette course jusqu’au choc, semi suicidaire, semi accidentel avec une voiture. Et on la retrouve en gros plan, amochée, répondant aux questions d’un médecin. Oui, elle a quitté sa mère, vit sans domicile fixe, sniffe, ingurgite, fume, se pique. Pourquoi ? Parce que ça lui fait du bien. C’est tout. Affectée dans un centre de désintoxication, elle y arrive en même temps que Sihem, 36 ans, rétive, farouche, raisonneuse, traînant un trauma qu’on ne fait encore que deviner. Toutes deux découvrent les règlements du lieu, les groupes de discussion où chacun balance sa douleur. Jeux de regards, le leur, le nôtre. Sihem et Céleste dans le même plan, face à face, côte à côte. Sihem et Céleste dans le même bain… Un lien se noue, dangereux selon le psychologue : l’addiction à l’autre se substituerait à l’addiction à la drogue. Amitié fusionnelle dérangeante qui survivra pour le Meilleur et pour le Pire après leur exclusion du Centre. La caméra ne les lâchera plus, ensemble ou séparées, à fleur de peau, en rires, en larmes, toujours en mouvement dans les fluctuations de leur résistance à la tentation, et leurs échappées belles. Leur fragilité bouleversante se met en scène comme un suspense, la violence qu’elles portent en elles, toujours prête à exploser, le processus de reconstruction toujours prêt à s’effondrer. Si Marie Garel-Weiss nous éclaire de façon quasi documentaire sur le fonctionnement de l’insertion des drogués, elle laisse hors champ le monde des dealeurs, et réussit le tour de force d’être réaliste voire crue en restant pudique. Tout en replaçant les personnages dans leur contexte familial, rappelant via un cours théorique la responsabilité de l’entourage qui se construit autour de l’élément dépendant, elle se garde de toute explication réductrice de la toxicomanie de ces filles si différentes. Ce qui ressort du film porté de bout en bout par ses deux interprètes Zita Hanrot et Clémence Boisnard  fort justement récompensées déjà par deux Prix d’interprétation féminine, c’est la pulsion de vie, l’énergie, la volonté de retrouver l’estime de soi, quand «la fête est finie» ! Dans une des dernières scènes chaque membre dépendant du groupe de paroles annonce sa durée d’abstinence. Et, quelle qu’elle soit, de plusieurs années ou de quelques heures, il est applaudi avec la même force.

ELISE PADOVANI
Février 2018

Sortie nationale : 28 février 2018
Avant-première en présence de l’équipe du film, samedi 24 février à 20h30 au cinéma Les Variétés, Marseille

Photo : Copyright Pyramide Distribution


Cinéma Les Variétés
37 rue Vincent Scotto
13001 Marseille
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