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Galino de Sabine Tamisier paru aux Éditions Théâtrales

Papa coq

Galino de Sabine Tamisier paru aux Éditions Théâtrales - Zibeline

Texte après texte, Sabine Tamisier n’en finit pas de dire l’intime, la famille, de donner une voix à ceux qui n’en ont pas, qui n’en ont plus. Issu d’une commande du Théâtre de la Tête noire à Satran, Galino restitue ainsi la parole du père bien-aimé disparu. Car Galino, petit coq, est son surnom, et c’est donc lui que ce monologue fait parler, mais pas seulement : comme le précise la dramaturge en exergue «quand il se souvient, ou qu’il entend parler, tous parlent à travers lui
Ce texte simple, touchant par sa simplicité même, par sa justesse, va et vient entre deux lieux et deux moments : Villelaure, août 2009 et la Haute-Savoie, printemps-été 1967. Allongé sur son lit «la veille du jour où», puis le matin, puis l’après-midi «du jour où» jusqu’«au moment où», le vieil homme attend et se souvient. Par petites touches, à mots comptés. Quand son souffle le lui permet. Il se rappelle en particulier ce mois de mai 1967 où il a dû quitter femme et enfants pour aller soigner sa tuberculose au sanatorium de Sancellemoz. Souffrance physique, séparation douloureuse, mais aussi découverte de la magnificence du massif du Mont-Blanc. De ce combat-là, il était revenu vainqueur… Avec Galino, Sabine Tamisier, la petite dernière, pas encore née en 67, rend hommage à cette «belle personne» qu’était son père. Elle tresse aussi une couronne à l’amour de ses parents, aux liens forts qui unissent les membres de la famille. Sobre et très émouvant.

FRED ROBERT

Juin 2013

Galino
Sabine Tamisier
Éditions Théâtrales, 14 €