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Vu par Zibeline

3 volumes déjà pour la collection créée par le Festival La Photographie Marseille et éditée par Le Bec en l’air

Mini collection pour maximum d’effet

3 volumes déjà pour la collection créée par le Festival La Photographie Marseille et éditée par Le Bec en l’air  - Zibeline

En attendant la sortie de la monographie de Corentin Fohlen, premier prix Maison Blanche 2017, on peut se procurer le troisième tome de la collection, L’inachevé de Julien Lombardi, et se replonger dans Les chiens de fusil de Léa Habourdin et Srebrenica nuit à nuit de Adrien Selbert. Visuellement les trois opus ont un air de famille – comme dans toute collection – tout en s’adaptant aux travaux des auteurs. Voire en les révélant. Pour Léa Habourdin, la monographie ressemble à un objet composite en résonance avec son œuvre mêlant dessins, écritures et photos. Pour Adrien Selbert, la mise en page sans fioritures se fait l’écho de l’atmosphère nocturne désenchantée de Srebrenica. Pour Julien Lombardi dont le retour en Arménie entrecroise histoire familiale et actualité, l’idée même du voyage éclate en couverture : une longue route de bitume vue du ciel.INAC-1re couv

Des parti pris des éditions Le Bec en l’air qui ont imprimé leur marque de fabrique : couverture cartonnée, priorité à la photo dès les premières pages reléguant les textes à la fin de l’ouvrage, mise en page aérée avec des espaces blancs comme des respirations, maquettes adaptées aux formats des photos quitte à en laisser « déborder » quelques-unes au verso de la page, un texte/un auteur en postface, parfois un écrit du photographe et une courte biographie bilingue français-anglais… Des éléments textuels d’autant plus précieux qu’ils sont ténus et éclairent l’attention portée aux images. Étienne Hatt dans Concilier souligne que Léa Habourdin « aime créer des oppositions, rapprocher violence et douceur, archaïsme et contemporanéité » et rappelle que les pages de ses carnets sont indissociables de ses photographies. Reporter de guerre en Bosnie, l’écrivain et éditorialiste Roger Cohen condense dans L’Indolence de la perte l’essentiel du travail réalisé par Adrien Selbert à Srebrenica : « Comme Hopper, le photographe déploie un réalisme si puissant qu’il emmène le spectateur au-delà de la surface, vers l’intériorité. C’est un réalisme intensément imaginé, baigné d’un fatalisme révélateur ». Darren Campion, critique d’art, rappelle Le Poids de l’histoire qui pèse sur la série de Julien Lombardi : « Les aspects descriptifs et métaphoriques de L’inachevé participent ensemble à l’évocation d’une situation historique particulière, permettant d’en communiquer à la fois l’expérience concrète et les traits caractéristiques. Ses images s’appuient sur des événements et des endroits précis et condensent l’impression tenace d’une réalité vécue ». Une collection créée par le festival La Photographie Marseille dont on a attend impatiemment le dernier-né !MBL15

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Novembre 2017

Les chiens de fusil
Photographies Léa Habourdin (lauréate 2014), texte Étienne Hatt, 19 €

Srebrenica nuit à nuit
Photographies Adrien Selbert (lauréat 2015), texte Roger Cohen, 19 €

L’inachevé
Photographies Julien Lombardi (lauréat 2016), texte Darren Campion, 24 €