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Monologue 2, Jaloux de Dieu, une nouvelle performance d’Alain Simon

Le monde vu des mots

Monologue 2, Jaloux de Dieu, une nouvelle performance d’Alain Simon  - Zibeline

Si les textes sacrés parlent toujours d’un Dieu Jaloux, Alain Simon détourne l’épithète et reprenant sans grandiloquence le thème de l’artiste concurrent de Dieu (et par là maudit), intitule son nouveau spectacle Jaloux de Dieu. Reprenant la forme de Sous le signe du chien, , le comédien, auteur et interprète, joue des associations d’idées, des glissements de sens, des échos pour un Monologue 2 aussi brillant que le 1. En un cheminement à l’imparable logique, ce virtuose du langage nous conduit du thème de la « médiation et sécurisation » (premiers mots du Monologue) au portrait de la femme de Cézanne ! Entre temps, nous sommes passés par l’aéroport de Rome, les autoroutes d’Hitler, la garnison de Toul, avons croisé une foule de personnages, du coiffeur à Van Gogh, évoqué situations et souvenirs, micros évènements qui constituent l’existence, deuils, joies, par le biais d’anecdotes, de récits, mélange du sublime et du futile… goût pour les paradoxes, depuis celui d’un titre glané, Paroles sur le mime d’Etienne Decroux, aux remarques qui allient poésie et dérision, « l’ombre doit être un flirt avec le soleil »… Définir les grands élans, fascination, frustration, échecs, succès, lois des convenances, jeu des écarts, magique liberté… conquête de l’innocence qui autorise une appréhension neuve et sereine du monde, ébauche d’un art du bonheur : « celui qui en forêt ne connaît pas le nom des arbres peut jouir pleinement de sa promenade »… L’art poétique se précise avec le portrait de la mère de Cézanne, la rêverie sur le point de vue sur le détail qui noie l’essentiel… il faut alors s’efforcer de « faire comme les peintres, cligner des yeux pour perdre le détail des choses qui masquent les formes en entretenant entre elles des relations faussées par leur utilité ». Le tout s’emporte, baigné des lumières de Syméon Fieulaine, aux sons de la subtile guitare de Mickaël Zemmit, les modulations inventives de Jeanne Alcaraz, contrepoint de chœur antique… Humour, ironie, profondeur, se conjuguent avec aisance dans cette performance acrobatique qui sait si bien lire les remuements de l’âme humaine.

MARYVONNE COLOMBANI
avril 2017

Spectacle donné au théâtre des Ateliers, Aix-en-Provence du 25 au 31 mars

Photographie © Cagliari


Théâtre des Ateliers
29 Place Miollis
13100 Aix-en-Provence
04 42 38 10 45
http://www.theatre-des-ateliers-aix.com/