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Sage femme le dernier né de Martin Prévost en avant première au Chambord

La Sage et la Folle

• 16 mars 2017, 16 mars 2017 •
Sage femme le dernier né de Martin Prévost en avant première au Chambord - Zibeline

Le 16 mars, le cinéma Le Chambord a reçu le réalisateur Martin Provost pour la projection en avant-première de Sage femme. Catherine Frot qui incarne la maïeuticienne du film – et joue actuellement une assistante dentaire sur la scène du Gymnase avec Fleur de cactus  est venue après son spectacle, rencontrer un public dans lequel s’étaient glissées quelques véritables sages-femmes. C’est en hommage à celle qui lui a sauvé la vie à sa naissance en lui donnant son sang que Martin Provost a voulu faire ce long métrage. Pour autant, si une scène y fait ouvertement référence, et si les vrais accouchements filmés en Belgique pour des raisons législatives le ponctuent, l’essentiel pour lui est de raconter une fable sur la vie et la mort, sur la re-naissance et sur la transmission des valeurs. Pour ce faire, deux Catherine, la Frot et la Deneuve. La sage et la folle.

La première, Claire, à la limite de la raideur vit dans un petit appartement de Mante-la-Jolie. Son fils étudiant en médecine en phase de départ ;  la clinique dans laquelle elle a travaillé trente ans en phase de fermeture. Pas d’alcool, pas d’amant, des principes, un imper informe mais un métier qu’elle exerce avec passion et un petit jardin ouvrier au bord de l’eau comme bouffée d’oxygène. La seconde, Béatrice, flambeuse flamboyante, a toujours menti, bu, joué, triché, confondu fuite et liberté. Elle a abandonné le père de Claire, dont elle était la maîtresse, des années auparavant. Ignorant qu’elle a causé le suicide de cet homme qu’elle aimait, elle revient vers lui et vers Claire parce qu’elle va mourir, son égoïsme, son immaturité constitutive, son inconscience et son amour de la vie, intacts.

Sans surprise, l’opposition des deux femmes pour lesquelles Grégoire Hetzel, accentuant le caractère de parabole, a composé une petite musique d’accompagnement différente, va évoluer vers une complémentarité et une fusion. Béatrice devient la mère de l’enfant qu’elle n’a pas eu, Claire rejetée par la sienne, en retrouve une en la personne de cette femme qui lui transmet avant de disparaître définitivement, un peu de sa joie et de son incandescence. Claire l’accompagnera presque jusqu’au bout du chemin et acceptera l’amour de Paul, un joli second rôle interprété par Olivier Gourmet. Le réalisateur de Séraphine (2008), et de Violette (2013) signe une fois encore des portraits de femmes servis par des interprètes solides. Le film quoique un tantinet académique réserve de jolis moments, conservant une qualité de choix : la modestie.

Sortie nationale: le 22 mars 2017

ELISE PADOVANI

Mars 2017

Photo : Catherine Deneuve, Catherine Frot/ Copyright Michael Crotto


Cinéma Chambord
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