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13 minutes, top chrono ! Du speed dating scientifique à la marseillaise

La recherche mise en scène

• 4 décembre 2014 •
13 minutes, top chrono ! Du speed dating scientifique à la marseillaise - Zibeline

Pour leur deuxième édition, les Treize minutes Marseille ont confirmé leur popularité : ce rendez-vous du public avec six chercheurs, invités à présenter leur thématique de prédilection en un petit quart d’heure strictement chronométré, a empli à craquer l’auditorium de la BMVR Alcazar. L’exercice de vulgarisation n’est manifestement pas facile, mais les fortes personnalités qui ont accepté d’allier l’humour à la rigueur scientifique ont offert une prestation fascinante, dans une généreuse variété de disciplines.

Ce fût le cas d’Alexandre Gaudillière, de l’Institut de mathématiques de Marseille, qui présenta sa «preuve préférée, pleine de poésie», un théorème publié par Joseph-Emile Barbier en 1860, en réponse à un problème posé par Buffon un siècle auparavant. Où l’on apprit que grâce au triangle de Reuleaux, on peut creuser un trou -presque- carré. Valérie Gontero-Lauze, quant à elle, dévoila les charmes inestimables du Livre de la fontaine de toutes sciences, fleuron du fonds ancien de la bibliothèque, rédigé il y a 800 ans. Son explication lumineuse de la pensée analogique médiévale, basée sur les desseins divins, avait de quoi laisser songeur : la forme évoque la fonction, la noix ressemble à un petit cerveau, donc elle favorise la réflexion. De même que le diamant, pour ses vertus d’indestructibilité, protège utilement le chevalier s’il en porte un pour aller au combat.

On décernera sans conteste le prix de la truculence à José Deulofeu, professeur de linguistique qui fit s’étouffer la salle de rire en recourant à des exemples récoltés en faisant la queue au supermarché. Sa façon à lui d’expliquer les différences entre l’écrit et l’oral… le premier servant «à dresser un tableau très normé de la réalité», le second «privilégiant l’empathie entre interlocuteurs, au détriment de la modélisation grammaticale».

Par ailleurs, c’est Eric Vivier de l’AP-HM qui, lors des 13 minutes finales consacrées aux questions du public, a été le plus sollicité. Son intervention sur un traitement contre le cancer, dont il estime qu’il est aussi révolutionnaire que le fût la découverte des anticorps en bactériologie, a soulevé un intérêt puissant. Il en a profité pour marteler un message : les travaux de ce type sont le fruit d’une recherche purement fondamentale, à défendre coûte que coûte, car «le guidage des chercheurs par l’aval ne marche pas, toute l’histoire des sciences nous le dit».

Comme le soulignait le mathématicien Alexandre Gaudillière à la fin de son propre exposé : ὅπερ ἔδει δεῖξαι (ce qu’il fallait démontrer) !

GAËLLE CLOAREC
Décembre 2014

Les Treize minutes Marseille, organisées par Aix-Marseille Université, ont eu lieu le 4 décembre à la Bibliothèque de l’Alcazar.

Une captation vidéo de la soirée est disponible sur le site : http://treize.lif.univ-mrs.fr/videos.html

Lire ici notre article consacré à l’édition de l’an passé : http://www.journalzibeline.fr/critique/6-fois-13-minutes-de-bonheur/

Photos : 13 minutes Marseille #2 – Valérie Gontero-Lauze, et transparent de José Deulofeu – Pourquoi ne parle-t-on pas comme on écrit ? -c- Gaëlle Cloarec

Transparent-de-José-Deulofeu---Pourquoi-ne-parle-t-on-pas-comme-on-écrit


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