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Vu par Zibeline

Adishatz/ Adieu, de Jonathan Capdevielle au Bois de l'Aune

Jukebox et autofiction

Adishatz/ Adieu, de Jonathan Capdevielle au Bois de l'Aune - Zibeline

Silhouette qui se dissimule dans un sweet d’ado, capuche rabattue sur le visage, Jonathan Capdevielle, immobile face au public chante a capella, par fragments, (une seule intégrale de Francis Cabrel), les musiques de la pop des années 90. La voix juste et claire enchaîne tempi et univers de la variété avec une remarquable maîtrise. Peu à peu, à travers cet enchâssement d’airs, de thèmes, un récit se dessine, intime. Tour de force de rendre compte du secret d’un être par ce qu’il y a de plus familier à tous, de plus commun… Puis, le personnage tourne le dos aux spectateurs, s’installe devant une coiffeuse, pénombre où l’on devine le reflet d’une transformation, le jeune homme maquillé, affublé d’une perruque blonde de Marylin, parle au téléphone, avec son père, resté au pays, une vieille parente en fin de vie… On suit notre protagoniste perché sur ses hauts talons, avec ses danses « madonesques » que l’alcool rend incertaines. Une galerie de portraits s’immisce encore, les copains, les camarades de rugby, les filles… Beuveries, dancings, pleurs et dégueulis… Face à l’épuisement des corps harassés des fêtards, les chants de montagnards pyrénéens, réminiscence, écho d’une pureté perdue ( ?) glissent leurs thèmes traditionnels (interprétés par l’ensemble choral universitaire de Montpellier ECUME).  Adishatz /Adieu, à l’adolescence, aux années perdues, à l’inanité de moments qui ont semblé si cruciaux… le spectacle est d’une humanité bouleversante dans ses faiblesses, ses travers, ses élans, sa vacuité : récit d’une vie, émouvante dans ses tâtonnements, sa fragilité. La quête de soi trouve sa résolution dans le jeu des métamorphoses, alchimie aux multiples composantes, qui tente de cerner un être. Jonathan Capdevielle se joue des codes, module l’accent de Tarbes, les poncifs de la pop, s’envole en  haute-contre, arpente l’espace et le temps avec une talentueuse et sainement irrévérencieuse pertinence.

MARYVONNE COLOMBANI
Octobre 2017

Adishatz/ Adieu a été donné les 12 et 13 octobre, Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence.

Photographie : Jonathan Capdevielle © Alain Monot


Salle du Bois de l’Aune
1 Place Victor Schoelcher
13090 Aix-en-Provence
04 88 71 74 80
http://www.agglo-paysdaix.fr/culture/bois-de-laune.html