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Vu par Zibeline

Retour sur les Lectures z’électroniques du Détachement International Muerto Coco vues au Pavillon M

Jouons z’avec les mots

• 14 décembre 2013 •
Retour sur les Lectures z’électroniques du Détachement International Muerto Coco vues au Pavillon M - Zibeline

Il n’y avait pas grand monde ce matin-là au P’titM pour le quarante-huitième rendez-vous (sur cinquante) de l’année Capitale. Dommage car le Détachement International Muerto Coco vaut vraiment le déplacement. Muerto Coco, qu’es aco ? Sous cette énigmatique appellation se cachent Raphaëlle Bouvier et Maxime Potard. Tous deux formés au Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence, tous deux passionnés de poésie contemporaine… et bien décidés à faire partager leur passion. Pourquoi ? Parce que, écrivent-ils, «la poésie contemporaine est une discipline ludique, actuelle, bénéfique à tous» et qu’il leur paraît indispensable de «casser les préjugés à son égard». Comment s’y prennent-ils ? C’est tout simple : ils proposent des Lectures z’électroniques pour deux humains et quelques machins. Les humains, ce sont eux. Les machins, ce sont les micros, la pédale sampler et surtout les jouets d’enfants qui servent de base musicale et sonore à la performance. Quant aux lectures, elles sont extraites de recueils des plus grands noms de la poésie d’aujourd’hui : Jacques Rebotier, Christophe Tarkos, Emmanuel Adély, Annabelle Verhaeghe… Chaque lecture-performance dure une vingtaine de minutes, autour d’un thème choisi. Ce matin-là, c’était vingt minutes de Lectures z’animales, accompagnées des sons artificiels d’un jardin d’éveil comme on en a tous manipulé. Cris d’animaux stéréotypés, sons de la vie quotidienne, petits mots et bisous un peu gnangnan, sous cette nappe sonore que le duo répète, amplifie, module, les mots des poètes, proférés au micro, forcent le passage, offrant une vision nettement moins «bisounours» des rapports homme/animal. Il y est entre autres questions de l’extermination des espèces sauvages et de «l’après-toi de ta bête» (l’animal domestique ou comment s’en débarrasser). Et si le décalage entre les textes et les sons prête à rire, voire à s’esclaffer, il n’empêche que la réflexion fait son chemin. C’est à cela que visent ces lectures z’électroniques, à faire réfléchir, à faire agir aussi. Car au terme de ces vingt minutes joyeuses et rondement menées, qui sait si certains des auditeurs-spectateurs n’auront pas envie d’aller lire les textes qui leur ont été proposés, de découvrir par eux-mêmes un nouvel univers littéraire, et pourquoi pas de se mettre à écrire à leur tour ? C’est en tout cas ce qu’espère le duo de choc, qui propose selon le même principe des lectures politiques, sexuelles, urbaines. Et à venir en 2014 des lectures super{z}héroïques et des lectures {z}magiques. Une façon inédite, et très astucieuse, d’offrir à tous des textes de qualité.

FRED ROBERT

Janvier 2014

Le Détachement International Muerto Coco a présenté 3 Lectures z’électroniques le 14 décembre au Pavillon M à Marseille

Renseignements sur www.muertococo.jimdo.com ou auprès de Fanny Roques au 06 89 49 26 01

Photo : © Aliette Cosset