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Vu par Zibeline

Les Illuminations animales de Julien Salaud, jusqu’au 8 décembre à Istres

Illuminés

• 23 septembre 2017⇒8 décembre 2017 •
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Les Illuminations animales de Julien Salaud, jusqu’au 8 décembre à Istres - Zibeline

La nouvelle saison du Centre d’art contemporain d’Istres s’empare de la lumière. Le premier chapitre d’In Lumine jette ses lueurs, en attendant la suite, jusqu’en juillet 2018

Il est impossible de penser les œuvres visuelles sans la condition de leur apparition : la lumière.

Enjeu fondamental pour les artistes, en peinture, en sculpture ou à travers l’art du vitrail, elle prend, pour la période la plus récente, les formes les plus variées et innovantes : photographie, art cinétique, néons, dispositifs vidéo et numériques sans oublier le monde de la scène. La programmation In Lumine propose la rencontre avec quelques-unes de ses formes contemporaines.

On commencera par regretter que pour un premier contact avec les œuvres de Julien Salaud, les propositions de l’artiste parmi les plus récentes apparaissent plutôt banales. La prolifération de graphismes blancs sur support de papier noir (dessins automatiques au Posca blanc) ou les fils de perles dorées sur cire brune ont du mal à capter l’attrait lumineux. Dommage lorsqu’il s’agit de la mise en condition du visiteur dès le premier regard.

C’est avec ses vidéos et une installation à la lumière noire dans les étages supérieurs que la lumière devient davantage une des composantes de la poétique lumineuse (et le titre de l’exposition plus explicite). Le matériau évanescent s’inscrit (s’incarne ?) alors dans une dialectique avec le visible et l’obscur. Cocon stellaire et Danse avec mes tripes, chorégraphies arachnéennes aquatiques, sous-tendent une dramatique existentielle de l’apparition, avec une grande économie de moyens, où l’artiste met son corps en jeu au détriment de son identité. Comme si le visiteur devait suivre une forme de dramaturgie au fur et à mesure de son élévation dans le bâtiment, il débouche sur une installation plus spectaculaire en néons noirs et fils tendus. Réalisée aussi spécialement pour l’exposition et occupant une pièce entière, Ecologia Naturotica nous ramène aux origines, aux traces pariétales, au clair-obscur baroque, au principe immersif du rêve et de la fantasmagorie qui peuvent hanter chacun de nous. Le finissage prévoit une installation éphémère de Karine Debouzie sur la façade de cet hôtel du XVIIe, dans le cadre du Nocturne fête des lumières, le 8 décembre à 18h30. D’autres propositions complètent aussi le propos. Au coin de la rue, dans les vitrines de l’ancien hôtel de ville, le passant pourra assister à la transformation des dessins néguentropiques de Pascal Navarro, conçus avec des encres sensibles pour certaines aux UV, inversant l’influence de désintégration du temps sur les images.

Dans les deux épisodes suivants de la saison, la lumière rencontrera l’univers de la magie avec La Compagnie 14:20 et pour finir, se théâtralisera dans les mises en espaces du peintre et scénographe Lucio Fanti, Un parcours hors les murs lui est consacré avec plusieurs lieux partenaires à Marseille, Aix, Miramas et Fos-sur-Mer.

CLAUDE LORIN
Octobre 2017

Julien Salaud, Illuminations animales
jusqu’au 8 décembre
Centre d’art contemporain intercommunal, Istres
04 42 55 47 10 ouestprovence.fr

Illustration : Julien Salaud, Ecologia Naturotica, installation, CAC Istres, 2017, vue partielle. Photo C. Lorin – Zibeline