Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

Délicieux concert lyrique interprété par Pauline Courtin et Luca Lombardo

Heure exquise

Délicieux concert lyrique interprété par Pauline Courtin et Luca Lombardo - Zibeline

Charme d’un soir d’été dans la belle cour du Château de Trets… La soprano Pauline Courtin et le ténor Luca Lombardo, chantent quasiment à domicile, la première est originaire d’Aix-en-Provence, de second de Marseille. Le deux villes autrefois rivales trouvent l’union dans ce beau duo qui a la grâce de ne pas offrir un programme composé uniquement de « tubes » lyriques, mais de présenter aussi des airs moins familiers des annonces promotionnelles dont raffole le petit écran (qui ne cesse de s’agrandir, comme dans la dystopie de Ray Bradbury portée au cinéma par François Truffaut, Fahrenheit 451). Chaque air était présenté avec intelligence, resitué dans la globalité des œuvres et permettait à tous d’en goûter le sens autant que les mélodies, livrées avec une juste délicatesse par les deux interprètes, soutenus par le piano d’Anica Skryane, attentive accompagnatrice. On croise Verdi et la Donna (forcément) mobile de Rigoletto, en miroir au poncif de la femme volage, celui de l’homme tout aussi inconstant et que l’on aime cependant, dans Les trois valses de Strauss, sur les paroles en français rendues célèbres par Yvonne Printemps, qui « transfigure tout ce qu’elle touche » (disait d’elle Francis Poulenc). La pureté se retrouve auprès des amants de Vérone, et le duo Ange adorable du Roméo et Juliette de Gounod. Solos et duos se succèdent, glissant d’un univers à l’autre, douceur, tendresse, rigueur, envie d’évasion, de liberté… tous les mouvements du cœur sont traduits ici, avec légèreté, humour, sensibilité. Halévy (Air d’Eléazar, La Juive), Massenet (Manon, « Je marche sur tous les chemins… »), Mozart (Le Roi Pasteur, L’amero saro costante), Puccini (Tosca, E lucevan le stelle, Turandot, Nessun dorma), Bizet (Carmen, Parle-moi de ma mère), Arditi (Il baccio) et Offenbach (La veuve joyeuse, L’heure exquise) enfin, en bis, sont abordés pour le plus grand bonheur d’un public averti et passionné. On fredonne L’heure exquise en repartant… griserie d’été, sans modération !

MARYVONNE COLOMBANI
Août 2017

Concert donné dans la Cour du Château de Trets, dans le cadre de la Tournée du Festival du Pays d’Aix

Photographie © Agence Artistik