Vu par Zibeline

Trois documentaires sur les enfants syriens à la 21ème édition du PriMed

Enfants de Syrie

• 19 novembre 2017⇒25 novembre 2017 •
Trois documentaires sur les enfants syriens à la  21ème édition du PriMed - Zibeline

On a vu beaucoup d’images sur le drame syrien mais dans trois des films proposés au PriMed, c’est à hauteur d’enfant qu’on découvre ces vies empêchées par la guerre. Dans Un jour à Alep, Ali Al-Ibrahim nous plonge durant une demi-heure au cœur d’Alep, nous faisant partager une journée sous les bombes. Pas de commentaire, des images, des sons, quelques notes de musique. Il filme les gestes quotidiens, une femme qui malaxe de la pâte, un homme qui prépare le foyer pour la cuisson, un autre qui nourrit une multitude de chats errants, des gens qui font leur marché jusqu’à ce qu’une nouvelle bombe fasse son œuvre. Secours aux blessés, déblaiements des décombres, inhumation des morts. Et au milieu de ce désastre, un espoir : ces enfants qui illuminent les murs qu’ils peignent de couleurs éclatantes, faisant oublier l’espace d’un instant le siège barbare et inhumain que vit Alep.

Ce sont ceux qui ont quitté cet enfer que suit le réalisateur argentin Hernan Zin, plus précisément 7 d’entre eux qui ont parcouru des milliers de kilomètres entre août 2015 et juillet 2016. De Lesbos,  d’Idomeni jusqu’en Belgique ou en Allemagne en passant par la Turquie, la Hongrie, l’Autriche, la Croatie, la Slovénie…Sur les routes, derrière les barbelés des camps, dans des gares. Ils ont 8 ans comme Hamude, dont les parents ont été tués, qui fuit avec son oncle et constate qu’en Hongrie, les réfugiés sont comme dans des zoos alors qu’en Autriche ils sont mieux traités. On lui a offert une trottinette et  une doudoune bleue..10 ans comme KaÏs, brûlé par une bombe, qu’on soigne en Turquie et qui ne sait pas  que son père est mort. 13  ans comme Mohamed qui n’a pas vu sa mère depuis des mois et écrit des poèmes, sur son pays, ou Marwan  qui, arrivant à Lesbos, découvre que le « plus dur commence ici, quand on ne sait pas où aller. »  Ou encore Jihan, arrivée à Berlin  et qui multiplie les démarches pour essayer de faire venir sa mère, apprend le kick-boxing pour faire sortir tout ce qu’elle a en elle et se réjouit qu’en Allemagne les femmes aient des droits. Pas de commentaires en voix off, mais des images d’actualités, des extraits de discours des dirigeants de pays traversés ou d’accueil qui resituent le contexte. Des images parfois en slow motion, des vues aériennes, des plans larges qui nous montrent cet exode et, en gros plans, ces visages d’enfants en quête d’une nouvelle vie. Né en Syrie, un documentaire- plaidoyer pour l’humanité, qui devrait être vu par tous ceux qui pensent qu’on ne peut accueillir tout le monde.

Il y a un pays qui en a reçu plus d’un million, le Liban. Francesca Mannocchi et Alessio Romenzi, dans If I close my eyes, se sont intéressés aux enfants de ces réfugiés. Près de 300 000 sont exclus du système scolaire libanais. Ceux que nous rencontrons dans ce documentaire ont la chance d’aller dans une école où Suleiman, qui a fait des études de droit, leur donne des cours et essaie de leur « rendre le sourire ». Il a quitté la Syrie en pyjama en compagnie de son père qui n’a emporté qu’une chose, son diplôme, « fruit de son travail » et a décidé de se consacrer à ces enfants afin qu’ils ne soient pas une nouvelle génération sacrifiée. Tous aiment l’école, «  ma seconde maison » confie l’un d’entre eux, « toute ma vie » ajoute un autre.  Tous ont des souvenirs douloureux , des rêves d’avenir, des espoirs de retour « Nous manquons à la Syrie autant qu’elle nous manque » S’ils ferment les yeux ils se promènent dans les rues, avec leur mère, ils voient leur jardin, leur soleil, leur terre. Seul bémol à ce  documentaire qui souligne le  droit fondamental à l’éducation et  donne un peu d’espoir : une musique un peu trop présente parfois.

ANNIE GAVA
Novembre 2017

Photo : Né en Syrie © Java Films

IF I CLOSE MY EYES  a obtenu le Prix à la diffusion  de de 2M (Maroc)

NÉ EN SYRIE a obtenu le Prix à la diffusion  de RAI 3 (Italie)

PriMed
CMCA
30 boulevard Georges Clemenceau
13004 Marseille
04.91.42.03.02
http://cmca-med.org/


PriMed
Centre Mediterranéen de la Communication Audiovisuelle
96 la Canebière
13001 Marseille
04 91 42 03 02
http://primed.tv/