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Vu par Zibeline

Voyages Vecteur, jusqu’au 5 mars à la Fondation Vasarely : exposition intéressante mais sous-exploitée

De l’inachèvement

• 20 janvier 2017⇒5 mars 2017 •
Voyages Vecteur, jusqu’au 5 mars à la Fondation Vasarely : exposition intéressante mais sous-exploitée - Zibeline

Voyages Vecteur, l’exposition en cours à la Fondation Vasarely ne manque pas d’intérêt mais laisse un certain goût d’incomplétude.

C’est une proposition intéressante que cette exposition de Jean-Pierre Husquinet par sa convergence avec le projet de Victor Vasarely d’imbriquer art et science, mais qui souffre d’une présentation peu convaincante et au potentiel sous exploité.

Voyages Vecteur est constituée d’une une trentaine de dessins géométriques vectorisés réalisés grâce à des programmes informatiques rappelant formellement les mandalas, et de trois installations distinctes. Un « Champ étendu », fait de cordages polychromes noués sur tiges métalliques comme autant de fleurs artificielles. « Champ étendu est une installation de trente deux nœuds multipliés par trois ( qui représente 3 instruments), chaque nœud étant un accord musical, la forme du nœud représentant l’instrument » ; un empilement de 450 tasses en verre dépoli servant de support à une forme géométrique en rosace inachevée, qui rappelle les dessins vectoriels exposés au mur ; une sorte de puzzle/plancher gigantesque composé d’une vingtaine d’éléments découpés dans des plaques de bois en forme de flocon de neige démesurés. Si chaque pièce retient un certain intérêt, l’ensemble ne convainc pas complètement, comme le titre de l’exposition qui reprend les initiales du fondateur de la fondation éponyme. « Le « fil conducteur » (sans mauvais jeu de mots) de l’ensemble des pièces et mes préoccupations principales tournent autour du labyrinthe, du nœud, tissage, nouage, etc… J’aime cette idée de réseau/fragmentation, relier ce qui est épars » précise Jean-Pierre Husquinet dans une note. Pourtant, on reste bien perplexe devant cette hétérogénéité et le lien ne se fait pas solidement, d’autant que le visiteur est laissé quasi sans information (quelques documents plutôt elliptiques, masquant quelques livres posés dans une vitrine) et desservi par une mise en espace bien pauvre. On aurait imaginé notamment un projet spécifique plus en rapport avec le lieu. En particulier grâce aux possibilités offertes par le travail des cordages polychromes (l’artiste en est spécialiste) dans un projet de structuration de l’espace architectural, rejoignant par là les réflexions de Victor Vasarely en ce domaine. Ce sentiment d’insatisfaction est d’autant plus présent que la fondation tente de retrouver un second souffle, non seulement par la réhabilitation du bâtiment et des œuvres monumentales, mais aussi à travers une programmation construite en grande partie autour des technologies (collaborations diverses comme avec l’école des Beaux Arts de la ville ou l’association tournée vers les arts numériques Seconde Nature, par exemple). Il serait dommage que ce renouveau ait un goût d’inachevé.

CLAUDE LORIN
Février 2017

Voyages Vecteur
jusqu’au 5 mars
Fondation Vasarely, Aix-en-Provence

Photo : Jean-Pierre Husquinet, Voyages Vecteur, vue partielle de l’exposition, Fondation Vasarely, 2017. © C.Lorin/Zibeline


Fondation Vasarely
1 avenue Marcel Pagnol
13090 Aix-en-Provence
04 42 20 01 09
http://www.fondationvasarely.org/