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Le festival Les fils du vent, belle réussite à la Cité de la Musique de Marseille

De Jaïpur aux Saintes-Maries

Le festival Les fils du vent, belle réussite à la Cité de la Musique de Marseille - Zibeline

Roms, tsiganes, gitans. Voyageurs ou sédentaires. C’est cette grande communauté de cultures aux multiples destins migratoires que la Cité de la Musique de Marseille a voulu mettre en lumière à travers le festival pluridisciplinaire (musique, danse, projections, exposition) Les fils du vent. Un voyage du Rajasthan où tout a commencé jusqu’à la Provence, puisque nous y vivons tous ensemble.

Pour une première immersion, une exposition de photographies de Jean-Luc Nail, havrais tombé en amour de la multi-culturalité tsigane. Scènes de vie ou vies de scène, l’objectif sillonne les festivals comme les camps de fortune, en passant par les bazars d’Istanbul. Artistes reconnus et anonymes de talent composent ce tourbillon d’images où se côtoient musique, danse et convivialité. Une même intensité, un même plaisir, une même générosité se dégagent de ce musicien de Urs Karpatz derrière son micro comme de ce guitariste qui n’a comme estrade que le « lino » de sa caravane.

Côté concerts, la semaine s’est ouverte avec un plateau sous forme de pont entre les musiques gitanes espagnoles et tsiganes d’Europe centrale, avec deux Provençaux aux manettes : Tchoune Tchanelas et Negrita. Deux voix, deux traditions et un dialogue qui laissent apparaître d’évidentes passerelles. Le spectacle se déclinera en trois parties. La première, dédiée au flamenco que Tchoune ne limite pas aux guitares et palmas en intégrant piano (avec l’éclectique Martial Paoli) et violon. La deuxième, autour de la chanteuse Negrita, fait la part belle aux rythmes festifs et populaires tsiganes. Amis de longue date, les deux interprètes se retrouvent pour une dernière partie commune, fusionnant les genres et l’histoire de leurs peuples. Rumba, jazz manouche et… alegria communicative pour un final digne d’un tablao entre intimité et communion.

Les deux dernières soirées auront permis de remonter aux terres d’origine de ces peuples avec Dhoad, les gitans du Rajasthan pour finir avec une nuit flamenca en compagnies des fleurons de la scène gitane, sélectionnés par maître Tchanelas.

THOMAS DALICANTE
mai 2016

Le festival Les fils du vent a eu lieu du 9 au 13 mai, à la Cité de la Musique de Marseille

Photo : Patrick Delalée -c- X-D.R.


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