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Et le diable vint dans mon cœur, la nouvelle création de la Compagnie Vol Plané

Dans l’âge ingrat

Et le diable vint dans mon cœur, la nouvelle création de la Compagnie Vol Plané  - Zibeline

La compagnie Vol Plané, avec ses Molière réinventés, ou ses relectures de La Petite Sirène et Peter Pan, travaille à mettre le théâtre à portée de tous, et en particulier des jeunes gens. Revisitant les contes d’enfance pour parler du corps qui se transforme, ou l’Avare et le Malade pour mettre en relief la folie des pères et la nécessaire émancipation des enfants, Alexis Moati et son équipe tournent autour de cet âge charnière, où l’on devient qui l’on est, souvent douloureusement. Le public adolescent, dans les établissements scolaires ou les théâtres, ne s’y trompe pas, et regarde ces reflets qu’on lui propose, comparant les contours dessinés avec ceux de sa propre expérience. Quant aux adultes ils retrouvent ce qu’ils ont été, et reconnaissent aussi des traits de leurs enfants…
Et le Diable vint dans mon cœur va jusqu’au bout de cette démarche. Après plusieurs séjours dans des lycées les comédiens sont revenus avec des propos recueillis, des gestes aussi, des attitudes et des anecdotes, et beaucoup de musique. De ce matériau, pimenté de leur propre rapport à leur jeunesse et à leur corps, ils ont construit un spectacle fondé sur des improvisations. Energique, bouleversant par moments, tendre à d’autres, drôle souvent. Inégal aussi et à resserrer par endroits, parce que l’écriture de plateau est un exercice exigeant, et que transcrire le réel peut amener au lieu commun : ainsi le conseil de classe, très véridique, frôle parfois la caricature. Mais certaines scènes, grâce à l’énergie des acteurs qui incarnent à la fois des ados d’aujourd’hui et leur propre jeunesse, nous replongent très efficacement dans des tourments anciens. Ceux où la sexualité, le rapport à l’autre, la violence du monde, s’appréhendent pour la première fois, ceux où l’on construit enfin un moi qui fait aussi renoncer à d’anciens rêves, ceux où les parents -les mères surtout, les pères étant étrangement absents- ne sont plus des modèles, mais des silhouettes parfois pitoyables qu’il faut dépasser.
Le décor usuel, les amas de costumes que les comédiens enfilent et délaissent, les voix directes ou amplifiées qui chevauchent leurs sons, les différents niveaux d’incarnation des acteurs personnages, tout cela construit un spectacle surprenant, où le jeu théâtral se vit avec jubilation, et se voit avec plaisir. Quel que soit votre âge.
AGNÈS FRESCHEL
Février 2015
Et le diable vint dans mon cœur a été créé du 27 au 30 janvier sur la scène nationale de Chalon-sur-Saône et joué le 13 février au Théâtre de la Passerelle, scène nationale de Gap

À venir :

du 26 au 28 mars
Théâtre du Gymnase, Marseille

Photo : Et-le-diable…-c-Julien-Piffaut


Théâtre du Gymnase
4 rue du Théâtre Français
13001 Marseille
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net/


Théâtre La Passerelle
137 boulevard Georges Pompidou
05000 Gap
04 92 52 52 52
http://www.theatre-la-passerelle.eu/