Vu par Zibeline

Le prélude à un meurtre à l’Opéra présenté à La Friche

Crimes en bande organisée

• 16 février 2014 •
Le prélude à un meurtre à l’Opéra présenté à La Friche - Zibeline

C’est dans la tour Panorama de La Friche que s’est tenue la toute première audience menée par le commissaire Jourdana, un homme qui ne plaisante pas avec les rumeurs… surtout lorsqu’il s’agit de meurtre. Etaient convoqués les quatre principaux suspects, trois hommes et une femme (bonjour, la parité !) ; tous quatre soupçonnés d’ourdir de sombres projets. Rien moins que des meurtres à l’Opéra ; et pas qu’un, trois ! N’était-ce qu’une rumeur ? Le complot était-il déjà en cours de réalisation ? Le premier suspect, Roland Hayrabedian, qualifié par ses comparses de «maître chanteur», n’a pas hésité à avouer qu’il avait prémédité ce meurtre depuis fort longtemps. Après ses sept contes musicaux, il conçoit les trois cantates policières comme une nouvelle étape de création pour l’ensemble Musicatreize. Deuxième suspect interrogé, l’écrivain Sylvain Coher, chargé du livret des trois œuvres. Celui-ci n’a pas semblé avoir autrement souffert de ses deux mois de détention à la Villa des auteurs de La Marelle. Il a même déclaré son intérêt pour cette union plutôt inédite entre le genre populaire du polar et l’opéra, généralement jugé plus élitiste. Il a aussi évoqué les trois plantes toxiques qui seront vraisemblablement les armes des crimes -la Digitale, la Douce-Amère, la Dame d’Onze heures-, ainsi que son profond attrait pour la «lignée d’empoisonneuses» qui en seront les instigatrices. Parmi les suspects interrogés, il y avait également le compositeur colombien Juan Pablo Carreño, responsable musical de la première cantate. «Ce n’est pas parce que je suis colombien que je suis coupable», s’est-il exclamé, tandis que la metteure en scène Sybille Wilson affirmait, elle, être «tombée dans un guet-apens». N’empêche, tous deux n’ont pu résister : grâce aux deux inspecteurs cités à la barre, ils ont donné conjointement une assez bonne idée de ce que cette sombre histoire allait donner. C’est sans filet, et a cappella, comme on dit dans le jargon du métier, que la mezzo-soprano Mareike Schellenberger et le baryton Patrice Balter ont mené leurs investigations, en plein air, ce qui n’a heureusement pas altéré les conclusions de l’enquête. Si la performance vocale des deux protagonistes du cartel Musicatreize s’est trouvée réduite à la portion congrue, elle laisse imaginer un très bel ensemble lorsque l’enquête aura suffisamment avancé. Une piste d’ailleurs creusée avec intérêt par Roland Hayrabedian, qui trouve à juste titre la formule très intéressante à tous points de vue.

À l’issue de cette audience extraordinaire, rien n’était encore très clair. On sait néanmoins que le prologue sera emprunté à Pline l’Ancien et chanté en latin par un chœur. Tous les membres du gang espèrent aussi que la première cantate pourra voir le jour en 2015 à l’Opéra de Marseille. Quant à les entendre toutes ensemble… Qui sait ? Lors d’une  nuit du polar opératique» ?

FRED ROBERT et FRED ISOLETTA

Le prélude à un meurtre à l’Opéra a été présenté le 16 février dans le cadre du week-end Made in Friche.

Photo : c-Laetitbe