Les passagères du 221, trajet et trajectoires de cinq femmes liées à des hommes prisonniers

« Condamnées dehors »

Les passagères du 221, trajet et trajectoires de cinq femmes liées à des hommes prisonniers - Zibeline

« Ils sont condamnés dedans, nous on est condamnées dehors. » Cette phrase est en exergue de l’ouvrage de Catherine Béchaux. Ce sont des mots qu’elle a entendus, au parloir. Prononcés par des femmes, qui viennent rendre visite à des détenus. L’auteure connaît bien l’univers carcéral. Ancienne journaliste, elle se consacre désormais à l’écriture et est bénévole depuis plusieurs années à l’Accueil des Familles du centre pénitentiaire de Fresnes.

Dans Les passagères du 221, elle a souhaité donner la parole à ces femmes, dont elle admire le courage et la persévérance. Son récit est une fiction, inspirée des histoires, des parcours, de celles qu’elle a rencontrées. L’action se déroule dans un bus, celui que ces femmes empruntent pour se rendre à la prison. Univers clos, dont un seul homme décide ou pas d’en ouvrir les portes. C’est Paul, il est « le seigneur du bus ». Il a repéré depuis longtemps ces femmes, chargées de gros cabas remplis de linge, qui descendent toutes à la Maison d’arrêt.

Il y a Maryse qui va voir son fils, Marie-Jo qui retrouve son mec qui lui a pourtant tranché la gorge lors d’une dispute, Mireille rend visite à son petits-fils devenu assassin, Fatou, à peine 18 ans, s’est amourachée d’un taulard et Naïma, avec son bébé aux bras et son mari derrière les barreaux. L’écriture est ciselée, sèche, faite de chapitres courts, tranches de vie de chacune. Avec ce trajet en commun, et ce jour-là, où un incident retarde le bus. Devront-elles rater leur parloir ? Impensable.

JAN-CYRIL SALEMI
Janvier 2018

Les passagères du 221 
Catherine Béchaux 
Editions Liana Levi, 14 €

Photo : © Editions Liana Levi