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Vu par Zibeline

Haïm à la lumière d’un violon, biopic théâtral et musical

«Comment vous raconter cette histoire…?»

Haïm à la lumière d’un violon,  biopic théâtral et musical - Zibeline

C’est à partir de ce questionnement fondamental que Gérald Garutti, ici auteur et metteur en scène, a convoqué de conserve la muse et la musique pour rendre hommage au prodigieux violoniste Haïm Lipsky, homme plus que sur-vivant. C’est une histoire vraie et elle se faufile du Lodz d’avant-guerre à l’actuelle Haïfa en passant par Auschwitz et les pires turbulences du XXe siècle ; le projet est ambitieux, le biopic musical s’il fleurit au cinéma reste une forme encore peu pratiquée sur une scène de théâtre et Haïm à la lumière d’un violon emprunte plutôt la voie du conte sans fée avec narratrice animée (Mélanie Doutey) et musiciens de haut vol dont la fine pianiste Dana Ciocarlie ; le récit avance à travers les mots choisis de Gérald Garutti de fragments musicaux en fragments musicaux et le duo klezmer clarinette (Samuel Maquin) / accordéon (Alexis Kune) plante immédiatement le décor sans grande surprise. Les interprètes quittent souvent leur instrument pour jouer tous les rôles et Yaïr Benaïm n’a pas pour seule fonction d’incarner le héros ni «le juif à violon» dans l’imagerie du yiddishland ; la vie se lève donc sur scène, portée par une partition de mots parfois écrasés qu’un problème technique sans doute empêche de saisir intégralement. Traversée d’une vie de souffrances sublimées grâce à la découverte de son propre don («Mon fils est un génie !» : cri poussé non sans malice par la pianiste) et du concerto lumineux de Mendelssohn… Tout s’enchaîne parfaitement dans une clarté d’intentions sans faille ; la musique tient lieu d’émotion et du coup l’endigue avant même qu’elle ne prenne forme : Chopin la joie ou Szymanovski la douleur puis Bernstein l’Amérique et le nouveau départ ; un système impeccable qui répond bien brillamment à la problématique de départ mais verrouille un peu le tout ; le mouvement a tendance alors à devenir monument et la dramatisation se met au diapason ! La salle semble néanmoins saisie par cette leçon magistrale qui se clôt sur la voix off de Haïm immédiatement relayée par les applaudissements chaleureux. La vie est belle finalement !
MARIE JO DHO
Avril 2015

Haïm à la lumière d’un violon a été donné à La Criée le 31 mars en partenariat avec Marseille Concerts

Photo : Haim-c-Christine-Ledroit-Perrin


La Criée
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