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L’école de Nice, mythe et réalité de Morgane Nannini: une belle manière de (re)découvrir un mythe encore vivace

Cas d’école

L’école de Nice, mythe et réalité de Morgane Nannini: une belle manière de (re)découvrir un mythe encore vivace - Zibeline

Si le Nouveau Réalisme, Supports/Surfaces, le Groupe 70 ou encore Fluxus évoquent quelque chose pour vous de l’histoire de l’art, cet ouvrage devrait réactiver bien des images (bien qu’il soit dépourvu d’illustrations), des événements et surtout des noms incontournables.

Dans cet essai au format de poche, Morgane Nannini revient sur un moment remarquable de l’art contemporain – datant cependant du siècle dernier – sous le vocable d’École de Nice.

A contrario de Marcel Alocco, témoin et artiste impliqué dans les mouvements artistiques de cette époque, lui-même auteur d’une Introduction à L’Ecole de Nice en 1995, et signe ici la préface, l’auteur revendique une vision détachée, davantage objective, favorisée par sa position de jeune historienne de l’art (elle n’a que trente ans). Son travail relevant davantage de la chronique que de l’essai esthétique tente d’appréhender ce que recouvre exactement cette appellation, dans le temps et l’espace, ses protagonistes et leurs postures esthétiques. L’École de Nice désigne une période (1958-1968), sans être un mouvement constitué sous une bannière particulière, « par le refus des esthétiques figuratives ou abstraites dominantes » de cette époque (M. Alocco). Raphaël Monticelli pour sa part établissait quatre catégories afin d’y adouber un artiste. Quand chacun s’accorde pour dire qu’aucune liste n’est exhaustive, on flirte avec la chronique people lorsque l’auteur brosse certains portraits, recueille les opinions de quelques artistes et personnalités, ou lors de sa visite à la Séguinière (restaurant réputé de la commune de La Gaude). Dans la postface, Robert Roux soulève la question de l’éventuelle survivance de cette « école » à l’ère du numérique. Moins optimiste, comme dans sa récente newsletter (4 février 2017) Ben assène : « La consécration de l’école de Nice : 70% Morts, 20 % Alzheimer ». Gageons cependant que ce petit ouvrage conviendra aux amateurs pour rafraîchir une mémoire incertaine ou découvrir un mythe encore vivace un demi-siècle plus tard.

Claude Lorin
Février 2017

L’école de Nice, mythe et réalité Morgane Nannini
Baie des anges, 8,50 €