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L'ancienne poudrerie de Saint-Chamas accueille une installation de Keita Mori jusqu'au 30 novembre

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• 20 octobre 2017⇒30 novembre 2017 •
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L'ancienne poudrerie de Saint-Chamas accueille une installation de Keita Mori jusqu'au 30 novembre - Zibeline

Dans l’ancienne poudrerie royale de Saint-Chamas, Keita Mori a conçu une discrète et poétique installation murale in situ et éphémère.

C’est une des ultimes restitutions de résidences proposées par Voyons Voir dans le cadre de sa programmation L’inattendu du paysage. Dans l’anse protégée de Saint-Chamas, au pied des falaises de safre, Keita Mori s’est imprégné de la vie villageoise et du cadre exceptionnel de l’ancienne poudrerie royale en partie restaurée. Sa restitution comprend une intervention  extérieure, la présentation de dessins et une vidéo, Strings, de 2017 sur son travail. Dommage que l’accès à ces derniers, notamment pour le grand public peu familier de l’art contemporain, soit restreint à quelques dates (9, 16 et 23 novembre et sur rendez-vous les samedis).

Le projet principal, Network, a consisté en une intervention murale extérieure, visible 24/24h mais appelée à disparaître. L’artiste a expérimenté sur un mur ancien non rénové sa technique et processus de travail singuliers : la pose de brins de textiles tendus fixés au pistolet à colle, légèrement en avant du support. Ces fils sont issus de vêtements collectés auprès des habitants puis détissés. L’artiste a doublé ainsi la paroi d’un second réseau de signes réalisés sans projet ni esquisse préparatoires. «  Je ne connais rien de ce qui va venir. Il s’agit de trouver la forme inconnue au fur-et-à-mesure du travail » déclare-t-il volontiers. À l’inverse des installations monumentales de sa consœur Chiharu Shiota, on découvre ici un apport discret et organique, structurant et chargé de fragilité. Une sorte d’archéologie verticale éphémère qui renvoie à « notre système actuel politique, social où tout est bien écrit, préparé. Mais il y a des choses qui arrivent qui perturbent Ça » nous fait remarquer Keita Mori lors d’un entretien. C’est en 2011, profondément  marqué par la catastrophe de Fukushima, que l’artiste rompt avec ses pratiques précédentes. Il développe depuis cette procédure singulière -sous la dénomination générique de « Bug report » (rapport d’erreur)- entre construction/déconstruction, entre fil déployé et le point de rupture nourrissant de nouvelles idées. Impressionné par l’environnement géographique et historique saint-chamasséen, l’artiste envisagerait un prolongement. « Il y a une histoire très chargée ici. J’ai envie de creuser et de revenir après cette résidence ». Histoires de tisser de nouveaux liens ?

CLAUDE LORIN
Novembre 2017

Bug report’s Factory
jusqu’au 30 novembre
Ancienne poudrerie de Saint-Chamas
04 42 38 73 46
voyonsvoir.org

Photo : Keita Mori, Network, intervention murale extérieure in situ, ancienne poudrerie de Saint-Chamas, 2017. Photo C. Lorin/Zibeline