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Semiramide de Rossini, à l’affiche jusqu’au 27 octobre à l'Opéra de Marseille, fait triompher ses interprètes

Applause !

• 18 octobre 2015⇒27 octobre 2015 •
Semiramide de Rossini, à l’affiche jusqu’au 27 octobre à l'Opéra de Marseille, fait triompher ses interprètes - Zibeline

Semiramide est un opéra fleuve de Rossini (près de 4h de musique dans sa version originale) d’une longueur peu commune pour l’époque (1823). C’est un sommet, aboutissement de l’opéra seria, repris régulièrement et avec succès sur les scènes mondiales, tant l’exercice du bel canto, magnifié, virtuose, y est un modèle du genre. Lorsque le plateau est à la hauteur de l’ouvrage, les artistes récoltent systématiquement des vivats à la fin des airs de bravoure qui jalonnent l’opus (on se souvient peut-être de la production du Festival d’Aix en 1980 avec la Caballe, Samuel Ramey, Marilyn Horne…). Le livret est abracadabrant, tiré de Métastase sur un sujet antique. Un jeune homme amoureux d’une jeune fille (qu’il ignore être sa sœur) est sommé par la reine Semiramide (qu’il ignore être sa mère) de l’épouser… et de venger la mort de son père en exécutant la sus-dite reine qui l’a assassiné. Bref si vous ne suivez pas, rassurez-vous : l’action se déroule si lentement qu’on a le temps de saisir les nœuds de l’intrigue… dans la mesure où l’on comprend assez vite, dans la version de concert présentée à l’Opéra de Marseille, que la jeune mezzo Varduhi Abrahamyan, tout de robe vêtue, joue le rôle du jeune homme amoureux et que la basse Patrick Bolleire interprète deux personnages, dont le rôle du spectre du père. On suit toujours ?

Bref, courez-voir Semiramide, parce que la distribution marseillaise est magnifique et que chaque chanteur, tour à tour, prend sa part d’acclamations ! Les airs virtuoses s’enchaînent à foison, les voix tricotent, du grave à l’aigu, des vocalises pyrotechniques en ribambelles, les timbres sont d’airain, le souffle impressionnant, les top-notes superbes…

Jessica Pratt est une reine de grande classe, tragédienne, perverse à souhait : son soprano rayonne. Varduhi Abrahamyan gagne à l’applaudimètre, et c’est mérité tant la beauté de sa voix de mezzo est incontestable, pleine, large, alerte… Mirco Palazzi, dans le rôle du félon Assur est une belle basse, puissante et agile, dont l’émission rappelle, pour notre plaisir, celle mémorable de Ramey. Si le ténor David Allegret possède un timbre plus resserré, haut-placé, c’est pour mieux lancer ses contre-ut en rafales dans une moisson de vocalises ! Le ténor Samy Camps et la soprano Jennifer Michel (qui ne figure on ne sait pourquoi dans le programme de salle, voire la distribution sur le site de l’Opéra, alors que son rôle d’Azema, fille de Semiramide s’avère conséquent !) complètent un plateau remarquable, emmené par Giuliano Carella, dans son jardin italien avec Rossini, moulant son geste dans le souffle des chanteurs, tout en entraînant, au moindre mouvement de bras, la grande masse orchestrale plantée sur le plateau (valeureux Orchestre de l’Opéra de Marseille qui a enchaîné, au fil des répétitions et représentations, quatre heures de spectacle avec une seule pause) et le Choeur de l’Opéra aligné en bon ordre en fond de scène, puissant et omniprésent, commentant l’action a l’envi… À voir !

JACQUES FRESCHEL
Octobre 2015

Semiramide de Rossini est à l’affiche jusqu’au 27 octobre
Opéra de Marseille

Photo : © Christian Dresse

 

 


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