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Wajib d'Annemarie Jacir ouvre les Rencontres internationales des cinémas arabes à Marseille

A Nazareth

• 21 novembre 2017 •
Wajib d'Annemarie Jacir ouvre les Rencontres internationales des cinémas arabes à Marseille - Zibeline

Si Wajib, le troisième film d’Annemarie Jacir débute sur l’annonce à la radio de funérailles à Nazareth, c’est surtout de mariage dont il va être question, ou plus exactement de Wajib, c’est-à-dire du  rituel obligatoire qui veut que les invitations à la noce doivent être remises en main propre. Abu Shadi, un professeur, a 340 invités, membres de la famille, amis et même connaissances qui pourraient l’aider à bien finir sa carrière ! Il va donc demander l’aide de son fils, Shadi, venu exprès de Rome. Superbement interprétés par Mohammad et Saleh Bakri, réellement père et fils. C’est en leur compagnie qu’on parcourt Nazareth dans tous les sens, souvent  coincé dans un embouteillage. Les visites se succèdent, offrant aux spectateurs, de beaux portraits, variés, drôles, touchants, comme une vue en coupe de la société de Nazareth. Certaines de ces rencontres irritent Shadi et les trajets en voitures sont l’occasion pour le père et le fils de se parler, souvent de ne pas s’entendre. Abu Shadi a du mal à accepter les choix de son fils qui a quitté la ville pour aller travailler comme architecte en Italie. Il souhaiterait qu’il revienne et qu’il se marie ici et quand Shadi lui rappelle qu’il a une amie à Rome, « Il y a des filles avec qui on s’amuse et d’autres qu’on épouse, lui lance-t-il. » Sa femme à lui est partie car « Vivre c’est choisir comment vivre. » Tout le monde espère sa venue pour le mariage, en particulier leur  fille qui voudrait l’avis de sa mère pour choisir  sa robe de mariée. Et même si,  pendant un court moment, père et fils ont pu se retrouver quand A Whiter Shade of Pale  à la radio leur rappelle le moment où Shadi apprenait à conduire, -très belle séquence- le fossé est trop grand ; l’air devient irrespirable dans l’espace clos de la vieille Volvo et un  « Va au diable ! » clôt le dialogue.

Le film d’Annemarie Jacir n’aborde pas directement le conflit israélo-palestinien, présent en toile de fond. Si Shadi est parti, c’est pour ne pas faire de compromis et ne pas vivre sous l’oppression. Son père a préféré rester et accepte les contraintes de la vie de la minorité palestinienne chrétienne.  C’est toute la grâce de ce film attachant que de suggérer et de nous faire réfléchir à un choix qui dépasse les frontières, rester ou partir ?

Wajib, présenté en compétition à la 39e édition de Cinemed, y a obtenu le Prix jeune public.

Il a fait  l’ouverture des 5e Rencontres internationales des cinémas arabes au cinéma Les Variétés (Marseille) le 21 novembre.

ANNIE GAVA
Novembre 2017

Photo © Pyramide Distribution


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