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Vu par Zibeline

Le très prometteur premier long métrage de la Hongroise Zsófia Szilágyi au festival de Cannes

24h chrono

Le très prometteur premier long métrage de la Hongroise Zsófia Szilágyi au festival de Cannes - Zibeline

Est-ce que vous avez déjà songé à ce qu’une femme, mère de trois enfants assume chaque jour ? C’est ce que nous raconte la cinéaste hongroise, Zsófia Szilágyi dans Egy Nap/Un Jour, présenté à la Semaine de la Critique. Une camera au poing suit Anna (Zsófia Szamosi), une femme d’origine italienne, qui donne des cours à des adultes, mariée à Szabolcs (Leó Füredi), un avocat, très pris par ses affaires et une histoire avec Gaby, amie de sa femme. Gérer le réveil, le petit déjeuner, emmener les enfants à l’école ou à la crèche, puis au cours de musique et d’escrime, essayer de régler avec la banque les problèmes financiers, réparer le robinet qui fuit, faire les courses, préparer le repas, ranger les jouets qui trainent, Anna fait cela chaque jour.

Zsófia Szilágyi nous plonge dans le quotidien de cette femme, nous faisant partager ses moments de stress, ses angoisses mais aussi les instants de bonheur avec ses enfants, comme la séquence où ils chantent ensemble dans la voiture. Enfants qui ont leur vie et leurs problèmes. Simon, l’aîné, pris dans son monde galactique, se sent parfois seul. La fille cadette, Sari, ne tient pas en place et le dernier, Mark, qui a deux ans réagit au stress de sa mère. Avec une grande justesse, la réalisatrice évoque les oublis d’affaires, les problèmes d’amitiés du plus grand, la fièvre, la pharmacie d’urgence la nuit, les échanges de services avec d’autres parents, l’aide, un peu intrusive de la grand-mère qui essaye de percer les secrets du couple. Car en plus de tout cela, Anna doit régler ses problèmes conjugaux face à un mari fuyant qui esquive ses questions. La rencontre avec Gaby, dans un bar qui lui assure qu’elle n’a pas couché avec son mari n’apaise pas ses inquiétudes, d’autant plus qu’ils doivent se revoir. La réalisatrice par une caméra nerveuse, un remarquable travail du son et de direction d’acteur a su restituer cette course perpétuelle et a tracé là un magnifique portrait de femme. Un premier long métrage très prometteur.

ANNIE GAVA
Mai 2018

Egy Nap a reçu le Prix FIPRESCI,  remis par la Fédération Internationale des Critiques de cinéma dans la section Semaine de la Critique

Photo © Filmpartners

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