Rire jaune avec le festival M'Rire, du 27 juin au 1er juillet à Marseille

« Ce sont tous des noms »

• 27 juin 2017⇒1 juillet 2017 •
Rire jaune avec le festival M'Rire, du 27 juin au 1er juillet à Marseille - Zibeline

Les collectivités publiques, qui peinent à trouver tous ensemble 1,3 M pour MP 2018, s’apprêtent à verser 140 000 € à une boîte de prod’ pour un festival du rire. Jaune ?

M’Rire va se dérouler du 27 juin au 1er juillet au Théâtre Sylvain. Avec, comme parrains et invités, Bosso, Titoff, Les Chevaliers du Fiel, le Comte de Bouderbala… Bref, la fine fleur de l’humour français, celui dont même la télé se méfie un peu, parce qu’il manque singulièrement de finesse et de subversion.

Le budget ? 1 million d’euros, dont 14% de subventions publiques, le reste consistant dans les recettes espérées. Car si la ville met à disposition le Théâtre Silvain, les recettes (places entre 29 et 59€) iront à la boîte de prod’.

À la conférence de presse, qui se déroulait à l’office de tourisme, les élus représentants les collectivités étaient là : Ludovic Perney pour la Région, fit une réponse un peu courte  : « Pourquoi soutenir le rire ? Christian Estrosi l’a décidé, la culture est vitale ». Anne-Marie d’Estienne d’Orves affirme quant à elle qu’il faut soutenir ce festival parce que « tourisme et culture c’est évident » et que « le rire a une longue histoire à Marseille, depuis l’Alcazar, Fernandel… Les Marseillais savent faire rire. »

Certes, on le sait, pour qu’une émission de téléréalité, de concours de chefs ou de shopping fasse de l’audimat, il faut qu’il y ait un Marseillais. Ridicule. Car ce rire-là  n’est justement pas de l’humour, c’est-à-dire le fait de déclencher volontairement le rire, mais du comique involontaire…

Ce n’est pas le cas des humoristes invités : Sabine Bernasconi, qui représente « à la fois le département et la Mairie de secteur », se réjouit de ce festival « qui va nous faire rire dans un contexte difficile, et est tout de suite d’une grande exigence. » C’est-à-dire ? « Ce sont tous des noms ».

Un malaise s’installe, d’autant que Dominique Vlasto prend soin de souligner la grande qualité de la directrice de la programmation : « Virginie Foucault, qui n’est autre que la fille de Jean-Pierre Foucault, à qui elle a suggéré Qui veut gagner des millions en voyant l’émission à la télé américaine. »

Interrogée sur la raison d’un financement public dans un festival qui relève si clairement de la production privée, c’est Isabelle Crampes qui répond : fondatrice de Marsatac, elle connaît bien les principes de la subvention publique, et explique qu’il y aura « des tremplins jeunes talents, organisés les premiers jeudis des mois de mars, avril et mai avant une finale au mois de juin. Le lauréat se verra remettre le prix Elie Kakou. Il est important d’offrir aux jeunes comiques, et le vivier est nombreux ici à Marseille et en Méditerranée, l’opportunité d’être vu, de se mesurer à un public. Et il y aura aussi des masters class tous les mois  pour les passionnés du stand up, et l’association Le Rire médecin qui intervient à l’hôpital. » Les crédits publics seront-ils fléchés vers ces actions, qui effectivement relèvent d’une politique publique, ou vers le cachet des comiques ? « Non on ne flèche pas, mais c’est un élément important du budget global. »

On a le droit de ne pas en rire.

AGNES FRESCHEL
Mars 2017

Photo : Patrick Bosso c Philippe Echaroux


Théâtre Silvain
Anse de la Fausse Monnaie
Chemin du Pont
13007 Marseille
04 91 31 40 17
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